fenêtres sur la cour

02 juillet 2007

Cette maison, elle est devenue celle de l'écriture

bouton_de_porteA la porte d’une maison vivante, il y a une poignée ; on y entre, on y habite. Elle sert aussi bien à fermer qu’à ouvrir. (…) La poignée ouvre plus qu’elle ne ferme. La clef ferme plus qu’elle n’ouvre. Gaston Bachelard -La poétique de l’espace- A la porte de ma maison, je n’y ai mis ni serrure, ni clef ; tournons simplement la poignée et entrons ensembles…a1

La maison, plus encore qu’un paysage, est un état d’âme, mon état d’âme, elle dit une intimité, mon intimité. Toute à la création, avec les mots [qui] sont de petites maisons, avec cave et grenier et dans scènes d'intérieur, je passe de pièce en pièce, à la recherche de ce qu’il y a de plus intime ; je pousse une porte close ou entr’ouverte sur la vie, l'homme est l'être entr'ouvert, sur ma vie et parfois je reste sur le seuil de la porte pour mieux profiter de l’instant ou parce que j’hésite un peu : ce n’est pas encore le moment.

a2J’ouvre assez vite des fenêtres sur la cour, sur des rues, des villes ou des bords de mer, sur vous et sur vos lieux, que j’aime. Voyageons ensembles.
Je m’embarque quelquefois sur un cargo ou marche d’un bon pas
sur la route… encore vers d’autres, vers l’inconnu qui me fascine, qui me séduit ; et parfois, je vais tellement loin que je suis comme hors des sentiers, je remonte le temps, je grimpe vers le grenier, vers mon enfance africaine. L’escalier du grenier a le signe de l’ascension vers la plus tranquille solitude.IMG_0782

Apaisée, je vous envoie quelques notes ou sous ma lampe [qui] à la fenêtre est l’œil de la maison et d’un petit carnet, je vous murmure mes confidences passées.
Comme des amies de longues dates, elles… m’accompagnent au quotidien et je les invite jusque dans la cabane où (...) dans la solitude de [ma] lampe, bref tout voir, tout penser, tout dire, tout écrire en existence première.

la_solitude_de_l__criture_fLa porte… il suffira de [la] pousser si doucement ! (…) Alors un destin se dessine. Et comme ce serait bon, de commencer à vivre en écrivant ! Naître dans l’écriture, par l’écriture. Ecrivons ensembles. (...) devant la page blanche placée sur la table à la juste distance de ma lampe, (...) je suis vraiment à ma table d'existence. A ma table d'écriture. Dans ma maison. A mes Fenêtres sur la cour.

-C'est dans une maison qu'on est seul. (...) Mais dans la maison, on est si seul qu'on en est égaré quelquefois(...) Seule. Et pour écrire des livres(...) Ce que je peux dire, c'est que la sorte de solitude de la maison a été faite par moi. Pour moi. Et que c'est seulement dans cette maison que je suis seule. Pour écrire. Marguerite Duras -Ecrire-

Mon texte est inspiré de la lecture de -La flamme de la chandelle- et de -La poétique de l'espace- de Gaston Bachelard, lectures découvertes grâce à Béatrix qui m'a ainsi permise d'ouvrir la porte devant laquelle j'étais depuis trop lontemps et  d'avancer dans mon écriture.  Et puis Marguerite Duras n'est jamais loin.

Texte de caroline_8 et illustrations de la bannière: CLIC sur  le pastel à huile "La solitude de l'écriture face à la mer" 1995 de caroline_8.

Posté par caroline_8 à 05:10 - Une chambre à soi - Permalien [#]
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