31 mars 2008
Lettre écrite à la lueur des étoiles
Chers allumeurs de réverbères dont le métier vous fit devenir des personnages de littérature, des poètes de la lumière, des combattants de la nuit.
Votre profession qui consistait à allumer les réverbères d’un quartier à la tombée de la nuit et de les éteindre au petit matin, a connu beaucoup d’essor lors du dix-neuvième siècle où les villes attiraient de plus en plus de monde -exode rural- d’où la nécessité d’avoir un éclairage public. A l’époque, les lampadaires fonctionnaient au pétrole ou au gaz. Mais à l’aube du vingtième siècle, un inventeur américain, Thomas Edison, mit au point une ampoule électrique, présentée à l’exposition universelle de 1889 à Paris ; Edison, sans le savoir, avait déclenché la mort programmée de votre belle profession d’allumeur de réverbères.
Cher Antoine dont les vols, à bord de votre simoun, vous permettaient de toucher, du bout des ailes, la voute céleste bleue d'encre et scintillante.
Louis-Marie Baader -Héro et Léandre- 1866
Ainsi devenu le poète du Vol de nuit, vous faites dire au Petit Prince: -La cinquième planète était très curieuse. C'était la plus petite de toutes. Il y avait là juste assez de place pour loger un réverbère et un allumeur de réverbères. Le petit prince ne parvenait pas à s'expliquer à quoi pouvaient servir, quelque part dans le ciel, sur une planète sans maison, ni population, un réverbère et un allumeur de réverbères. Cependant il se dit en lui-même: Peut-être bien que cette homme est absurde. Cependant il est moins absurde que le roi, que le vaniteux, que le businessman et que le buveur. Au moins son travail a-t-il un sens. Quand il allume son réverbère, c'est comme s'il faisait naître une étoile de plus, ou une fleur. Quand il éteint son réverbère ça endort la fleur ou l'étoile. C'est une occupation très jolie. C'est véritablement utile puisque c'est joli. Antoine de Saint Exupery -Le Petit Prince-
Cher poète du web qui mettez en mots et en chanson, le beau métier des allumeurs de réverbères :
(…) La lumière ainsi naissait.
Je ne sais trop, si cette lumière
Éclairait le monde extérieur
Ou surtout, faisait renaître
Une étoile au fond de nos cœurs.
(…) La lumière ainsi naissait.Je ne sais trop, si cette lumière
Éclairait le monde extérieur
Ou surtout, faisait renaître
Une étoile au fond de nos cœurs.
(…) Mais, il y a toujours des hommes
Ou des femmes qui nous illuminent,
Qui nous transportent au royaume
Des rêves qui nous fascinent.
Ces gens qui nous font confiance
Qui nous disent « lève-toi »
Qui nous donnent la puissance
De toujours croire en soi.
François Marie GERARD - FMG © 2005
-Des millions de petites quoi, dit le petit prince, des mouches ?
-Des petites choses qui brillent.
-Des abeilles ?
-Mais non. Des petites choses dorées qui font rêvasser les fainéants. Mais je suis sérieux moi ! Je n'ai pas le temps de rêvasser.
-Ah ! Des étoiles ?
-C'est bien ça. Des étoiles. Antoine de Saint Exupery -Le Petit Prince-
Vincent Van Gogh -Nuit étoilée sur le Rhône- 1888
Il est grand temps de rallumer les étoiles.
Les allumeurs de réverbères sont, en effet, des personnes qui sont animées par le désir d'aider les autres. Ils cherchent à amener l'individu, à redécouvrir ce qui est fondamental pour lui, afin de retrouver le sens de ce qu'il vit. Ils permettent donc à la personne de cheminer, dans ce qu'elle est afin qu'elle puisse trouver la lumière au bout du tunnel. Il faudrait accomplir toutes choses et même les plus ordinaires, surtout les plus ordinaires
– ouvrir une porte, écrire une lettre, tendre une main – avec le plus grand soin et l’attention la plus vive, comme si le sort du monde et le cours des étoiles en dépendaient, et d’ailleurs il est vrai que le sort du monde et le cours des étoiles en dépendent. (Christian Bobin -L’éloignement du monde-)
Chères amies, je vous souhaite à toutes de rencontrer sur votre chemin, un allumeur de réverbères, un aventurier du ciel, un traceur de mots ou d'entrer dans une maison pleine de bougies... et cela n'a rien d'imaginaire! Surtout, n'oubliez pas ceux qui restent dans le noir. Je vous embrasse.
caroline_8
Texte écrit, avec les mots des autres, pour Ingrid Bétancourt et Les métiers imaginaires de Vanessa et ainsi faire partie des Passeurs.
28 mars 2008
L'atelier ou le monde intérieur du peintre
Du XVIIème au XXème siècle, Paris est la capitale universelle de la peinture. On vient se former à l’Ecole des Beaux Arts et dans les innombrables académies ouvertes à tous. Alors les artistes s’installent à Paris, car c’est là que souffle l’esprit de la création. Des quartiers entiers deviennent des cités d’artistes.
L. A. Droling 1810 L. A. Droling 1810 A. Massé 1830 Jakob Alt 1836 C. Nevinson 1926
Peindre l’atelier, où l’on a étudié, est une façon de garder un souvenir de jeunesse, tout en rendant hommage à son maître. Au XIXème s. cet exercice de mémoire est pratiqué, avec bonheur, par les jeunes femmes peintres pour qui la vie d’atelier est une précieuse ouverture sur le monde. Le succès des ateliers libres tient beaucoup au fait qu’ils accueillent deux catégories d’étudiants qui n’ont pas accès à l’Ecole des Beaux Arts : les étrangers et les femmes. Au XIXème s. face à l’importance de la demande, les ateliers réservés aux jeunes filles se multiplient. Car si l’art n’est pas une profession pour une femme honnête, il fait partie de la formation de base des jeunes filles bien nées.
Adrienne Marie Louise Grandpierre Deverzy -Atelier d'Abel de Pujol- 1822
Quand ils sont jeunes et pauvres, les artistes passent leur temps à chercher un refuge dans les quartiers populaires : mansarde, chambre d’hôtel miteux, appartement délabré, écurie ou garage désaffectés, entrepôt abandonné.
O. Tassaert 1848 J. F. Bazille 1865 J. F. Bazille 1866 A. André 1901
Peindre ne demande pas un matériel considérable. Encore faut il disposer d’un minimum d’espace. Au début du XVIIIème s. plus de la moitié des peintres parisiens vivent dans une seule pièce et sous les toits, pour la vue dégagée et la lumière. Le thème du peintre misérable dans sa mansarde fait partie du folklore de la bohème. J. F. Bazille tenait à rendre compte de ses dépenses : J’ai acheté, aux conditions que je vous ai dites, un lit en fer avec sommier et matelas, une table de nuit, une toilette en fer, des rideaux, quatre chaises, une table et un fauteuil qui est mon seul luxe ; j’ai renoncé au tapis.
Octave Tassaert -l'atelier chambre- 1825
Tous les peintres, heureusement, ne vivent pas dans la misère., mais dans des salons-ateliers : à l’aspect d’un musée baroque, d’un cabinet d’antiquaire des meubles, des objets d’art, des bibelots, des étoffes qui révélaient les passions et les goûts du peintre et de l’artiste.
C. Monet 1861 A. Stevens 1869 H. Margottet 1872 A. André 1921
On est dans les coulisses de l’atelier, au plus près du travail de l’artiste. Le peintre peut se retirer dans son atelier pour donner corps à des émotions ramenées de l’extérieur ou au contraire faire, de son atelier, le sujet de sa peinture.
Cornelis Norbertus Gysbrechts -Au dos d'une peinture- 1670
Outils de travail, les meubles. Peindre les objets eux-mêmes , mais aussi l’espace qui les sépare, l’air qui les baigne, les relations qu’ils entretiennent les uns avec les autres, leur pesanteur et leur dynamique interne, leur distance avec l’œil du peintre.
C. G. Carus 1824 A. Vollon XIXème s. E. Delacroix 1857 M. Ramart XXè s. H. Matisse 1903
Espace de solitude et de recueillement, l'atelier incarne la vie imaginaire du peintre. Il est l’espace où se déploient les fantasmes de l’artiste, où ses émotions prennent corps. Il est l’image de ses obsessions, de son désarroi, de son vide ou de son désordre intérieur. C’est l’atelier qui engendre l’œuvre et donne vie à la peinture.
Félix Valloton -Autoportrait- 1887
Texte inspiré du livre -Le peintre et son atelier- de Fréderic Gaussen aux Ed. Parigrammes.
26 mars 2008
Cette maison, elle est devenue celle de l'écriture 06

Photo de Jan Reich -A letter from Juan- 1987
24 mars 2008
Petites confidences de caroline_8
Règlement du tag des dix confidences
* Donner le lien de la personne qui vous tague: Béatrix
* Préciser le règlement sur votre blog
* Répondre aux dix questions que voici :
Peinture de André Derain -la lectrice- 1935
1/ Le trait principal de mon caractère : assez affirmé bien qu'émotif, mais adaptable en toute situation, large d'esprit et altruiste.
2/ La qualité que je désire chez les hommes : qu'ils soient bien dans leur tête, qu'ils assument leur choix de vie et sachent être tolérants vis à vis des femmes.
3/ La qualité que je préfère chez les femmes : qu'elles aient envie d'être heureuses, pas fleur bleue ni cul cul la praline, qu'elles cultivent leur identité et s'affirment dans la société des hommes.
4/ Mon principal défaut : plus tendance à rêver ma vie que de la vivre, mais je me soigne!
5/ Ma principale qualité : optimiste et combative, je sais tourner les pages, surtout les vilaines et me fixer un nouvel objectif de vie.
6/ Mon occupation préférée : depuis quelques temps, je suis beaucoup à mes "fenêtres sur la cour" ... j'aime à y sentir le souffle du vent, celui de la découverte et du partage.
7/ Un plat qui me met l'eau à la bouche : tout mélange de sucré-salé, l'odeur d'épices d'une cuisine d'ailleurs au goût de voyage.
8/ Mes mots favoris : écriture et images.
9/ Ce que je déteste par dessus tout : la fausseté, le mensonge et la tromperie que je fuis à tire d'ailes.
10/ Un rêve : celui, tout simplement, de me dire chaque jour: je me sens bien en ma compagnie... parmi les autres.
* Taguer 6 autres personnes, comme Barbouille, Zoéchiffon, Anne, Bridget, Leeloolene, Sylvie et Lily en mettant leurs liens à la fin du billet et merci.... d'avoir lu mes petites confidences.
20 mars 2008
De l'escale dans un port
Lors des voyages en cargo qui reliaient la France à la Côte d’Ivoire, pendant les grandes vacances d’été, en dehors de contempler les flots à perte de vue, nous occupions nos journées à la lecture.
Tout départ impliquait une réserve de livres ; bien plus importants que la trousse de toilette, chacun rajoutait au milieu du linge, ses futurs compagnons de voyage… choisis des semaines à l’avance et mis à l’abri de notre envie de les ouvrir. Je ne pouvais que flairer leur odeur, caresser leurs pages lisses, les yeux fermés dans l’attente de savourer les mots qui s’échapperaient enfin au grand large libérateur. Mais le grand air, c’est bien connu, ouvre l’appétit. Je dévorais les mots et les images, sur les ponts, dans les coursives, près des canots de sauvetage, au salon et surtout dans la cabine. Les jours s’égrenaient ; calme plat, roulis, tangage, brume, crachin mais rien ne m' ébranlait plus que de voir diminuer ma nourriture livresque.
A l’annonce de la "terre en vue", à l’approche des côtes brunes sur le bleu marin, le soulagement faisait place au souci de la panne sèche et si le bateau avait besoin de ravitaillement, notre esprit aussi. L’escale était prétexte, non pas à visiter la ville, mais à découvrir très vite son boulevard principal et sa librairie. Et c’est là que mon père sortait de sa réserve et faisait preuve de largesse; il nous autorisait, sans attendre que l’on le lui réclame, à choisir de nouvelles lectures. Ainsi, je me souviens avoir choisi -Cinq jeunes filles à Venise- et -signé : Alouette- en Bibliothèque Verte. C’était à l’escale de Dakar, dans les années 60.
Mon père, ces jours-ci, a subi une transfusion sanguine, concentré de globules rouges. L'escale, dans cette chambre d’hôpital, lui a permis de prendre quelques forces, quelque réconfort pour continuer son voyage dans la vie : il a pu aller voter !
Texte de caroline_8 et peinture de Edward Hopper -Gloucester-
18 mars 2008
De l'intérieur 26
Le roman, c'est la clef des chambres interdites de notre maison.
Louis Aragon (1897-1982)
16 mars 2008
Un vent d'Afrique souffle sur Paris #1
Poussées par un vent pluvieux parisien, Hania et moi avons été écouté Mah Damba à la Maison des Métallos, le samedi 15/03/08. Le chant des griots s'élèvait d'une rive à l'autre et leurs mots ont rallumé les étoiles dans nos coeurs... C'était suite à l'invitation de Delphine et Rachel qui font partie de la Chorale de la Maison des Métallos. Très belle soirée où les cultures se mêlaient par le son discret du N'gnoni et la musique de l'Orchestre de la Maison des Métallos.
14 mars 2008
Dans la Grande Mer de Sable
-Lis-moi des livres, sinon je mourrai- dit l'homme flambé à Hana, l'infirmière qui s'occupe de lui dans le monastère abandonné en Toscane, à la fin de la guerre. Le patient anglais, atrocement brûlé lors d'un accident d'avion, ivre de morphine, possède un livre dans lequel il prend des notes, des croquis et y colle des traces de ses excursions dans la Grande Mer de Sable, à la recherche de Zerzura, l'oasis légendaire du désert de Libye. Lire lentement, reconstituer le livre échappé des flammes, il s'agit de survie et de mémoire à ramener au présent, car des livres sont abimés, des pages manquent, des êtres sont blessés. ( inspiré de la note de Tahar Ben Jelloun)
Bon voyage dans la mer de sable. Ne craignez rien, si le vent se lève car "commencer un voyage par une tempête de sable porte chance"
Le carnet de Ladislau de Almasy dit le patient anglais
Pour Anne.
Elle [Hana] gratte une allumette dans le couloir sombre. Elle l’approche de la mèche de la chandelle. La lumière s’élève jusqu’à ses épaules. Elle est à genoux. Les mains sur les cuisses, elle inhale l’odeur du souffre. Elle s’imagine qu’elle inspire aussi la lumière.
(…) Elle prend le carnet posé sur la petite table à côté de son lit. Le livre avec lequel il a bravé les flammes. Un exemplaire des Histoires d’Hérodote dans lequel il a collé des pages provenant d’autres ouvrages, ou rédigé des observations personnelles, insérant le tout à l’intérieur du texte d’Hérodote.
Elle se met à lire sa petite écriture noueuse.
(…) Son journal, son exemplaire des Histoires d’Hérodote édité en 1927, renferme d’autres brides : cartes, notes personnelles, documents en diverses langues, passages découpés dans d’autres livres. (…) entrecoupées d’allusions à l’art rupestre, de notes intimes rédigées de sa petite écriture.
Elle se promet de ne pas tourner la page.
(…) Elle s’est plongée et noyée dans l’écriture en pattes de mouche de son carnet de bord aux pages épaisses, bourrées de cartes et de textes. Il y a même une petite fougère, collée à l’intérieur. Les Histoires. Elle ne referme pas le livre (…) Elle s’en éloigne.
On parlait de terres fertiles blotties à l’intérieur du désert.
A partir de 1925, de nombreuses équipes [notamment anglaises] vont ainsi cartographier et étudier ces vastes étendues [du désert Libyque] Dès 1929, le comte hongrois Laszlo de Almasy, un grand explorateur, se passionne pour cette partie du monde, avec quelques allemands. (…) avec souvent bien sûr, en arrière-pensée, pour tous, le désir d’être le premier à découvrir l’oasis mythique de Zerzura. (…) Au matin du 5 mai 1933, Almasy domine une vallée de un kilomètre et demi à deux kilomètres de large –soit beaucoup plus large que le wadi Abd el Melik- peuplée d’innombrables arbres très verts. Ces acacias tortilis s’étendent sur quatre kilomètres. Le wadi Talh était enfin découvert ! (Théodore Monod –Zerzura, l’oasis- Ed Vents de Sable)
Elle [Katharine] se mit à lire des passages des Histoires,[Livre 1, VIII à XII] l’histoire de Caudale et de sa reine. -Ce Caudale était éperdument épris de son épouse et…
(…) Il m’arrivait souvent d’ouvrir Hérodote pour m’y retrouver dans ma géographie. Mais Katharine, elle, avait fait cela pour ouvrir une fenêtre dans sa vie. Sa voix était lasse. Son regard ne quittait pas la page, comme si, en parlant, elle s’enlisait dans des sables mouvants.
(…) je suis tombé amoureux d’une fille (…) J’entendais les mots qu’elle prononçait, de l’autre côté du feu…
Elle s’arrêta de lire et leva la tête. Hors des sables mouvants.
(…) Elle avait toujours voulu des mots. Elle les aimait, ils l’aidaient à grandir. Les mots lui donnaient lucidité, raison et forme.
La troisième expédition de 1933, elle, commence en octobre (…) dans la partie ouest du Gilf Kebir. Almasy découvre alors, trois kilomètres et demi plus au nord, quatre nouvelles grottes avec de nombreuses peintures. C’est au cours de cette expédition qu’est découvert le troisième wadi, le wadi Hamra. (Théodore Monod –Zerzura, l’oasis- Ed Vents de Sable)
[Almasy] -A Wadi Sura, j’ai vu dans des grottes des fresques représentant des nageurs. Ici, il y avait eu un lac. (…) On retrouve encore des harpons dans le désert. Peuples de l’eau-
(…) Autour de lui, il reconnut les peintures qu’il avait découvertes des années plus tôt. Des girafes. Du bétail. L’homme aux bras levés, à la coiffure empanachée. Plusieurs silhouettes –des nageurs, de toute évidence… il y avait eu jadis un lac à cet endroit.
(…) puis il l’[Katharine]avait étalée sur le sol de la grotte des Nageurs.
(…) Il regarda la peinture murale et prit ses couleurs. L’ocre alla à son visage. Il barbouilla de bleu le tour de ses yeux. Il traversa la grotte, les mains imprégnées de rouge, et passa les doigts dans les cheveux de la femme (…) Ces traditions… chez Hérodote… les confinant dans un monde où ils demeuraient éternels : une fresque rupestre.
(…) Il tira son ouvrage d’Hérodote qu’il posa à côté d’elle. On était en septembre 1939.
Textes tirés du livre de Michael Ondaatje -Le patient anglais- et du livre de Théodore Monod -Zerzura, l'oasis légendaire du désert Libyque- et photos du film de Anthony Minghella.
12 mars 2008
L'écriture traverse tout, même les portes fermées 25
Porte ouverte sur la Grande Mer de Sable (désert libyque)









































