fenêtres sur la cour

27 mars 2009

Le sud ou la couleur en liberté au port de Collioure

Le sud… ce fut dès ma descente du train, ma rencontre d’avec Laurence (maman fut sa maîtresse en 9ème A… oui, oui, Isas on disait 9ème !) et Nathalie (nos mères étaient maîtresses à NDA – Côte d’Ivoire) Attablées devant un mafé au poulet – attiéké et frites d’igname, nous avons aisément fait connaissance dans ce maquis (cantine africaine) de Montpellier. Le sud, ce fut une terrasse à 25°, ce fut un plateau de fruits de mer au bord de l’étang de Thau plongé dans le soir et ce fut au réveil, un petit déjeuner ensoleillé face à la piscine.

collioure               

Le sud, ce fut Collioure, ancien village de pécheurs, se trouvant dans les Pyrénées Orientales. C'est en 1905 que Matisse vient peindre à Collioure, en compagnie de Derain ; ils produisent énormément, en utilisant "les couleurs qui sortent du tube" Les peintres avaient recours à de larges aplats de couleurs violentes, pures et vives, d’où la libération de la couleur et revendiquaient un art basé sur l'instinct.
Sous le pinceau de Matisse, le sable blond des plages vire bientôt au rouge, la mer aussi devient rouge, et le ciel, vert. Ses toiles se couvrent de grands aplats colorés* Le fauvisme est né.

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                         André Matisse - La mer à Collioure - 1906

Le sud, ce fut un dîner près de Sigean chez Isas, une fille de Bouaké (à 400 km d’Abidjan) qui manie le pinceau sur toile et le couteau… en cuisine. Elle a eu la délicatesse de nous faire en guise de gnama gnamas (servis avec un punch), de l’aloco (banane plantain frite) ; ce sont nos petites madeleines de Proust… africaines. Et puis du rire, des souvenirs, encore des rires mais point trop de nostalgie, nous vivions le moment présent et c’est comme si nous avions encore dix ans, vingt ans. Laurence a fini par nous tirer les cartes, nous avions de beaux jours devant nous…

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Le sud, ce fut une marche dans le sable de la plage de Marseillan et du bavardage jusqu’au matin du lundi, jusqu’ à la gare, jusqu’à mon retour sur Paris où j’emportais dans mes bagages un peu de soleil pour les copines, de l’enfance africaine et surtout de l’amitié du pays de là-bas et du sud.

Texte et photos de caroline_8 ; d'autres photos derrière ma porte et Matisse et Derain* par Lunettes Rouges

Posté par caroline_8 à 06:47 - Instants de vie - Permalien [#]
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