fenêtres sur la cour

06 août 2009

On pourrait imaginer que quelqu'un écrivit une histoire du bleu

Comme une suite à ce billet du 10/12/07: D'une robe bleue

L’un d’entre nous parfois se tient debout près de la mer.

Il demeure là longtemps, fixant le bleu, immobile et raide comme dans une église, ne sachant rien de ce qui pèse sur ses épaules et le retient, si frêle, médusé par le large. Il se souvient peut être de ce qui n’a jamais eu lieu. Il traverse à la nage sa propre vie. (…) Il laisse en lui se déplier la mer : (…) [elle] le conduit sans hâte là où le ciel a seul le dernier mot (…) [là] où la tête rend un son creux après avoir craché son âme. (Le regard bleu – Une histoire de bleu)

Georges_Lacombe__Marine_bleue_effet_de_vague__vers_1893


Convalescence du bleu après l’averse…

Le ciel se recolore. Les arbres s’égouttent et le pavé boit. (…)

On voudrait jardiner ce bleu, puis le recueillir avec des gestes lents dans un tablier de toile ou une corbeille d’osier. Disposer le ciel en bouquets, égrener ses parfums, tenir quelques heures la beauté contre soi et se réconcilier.

On voudrait, on regarde, on sait qu’on ne peut en faire plus et qu’il suffit de rester là, debout dans la lumière,  dépourvu de gestes et de mots, avec ce désir d’amour (…) quand bien même [l’amour] serait-il aussi frêle que ces gouttes d’eau d’après l’averse tombant dans l’herbe du jardin. (Le regard bleu – Une histoire de bleu)


Frederick_Childe_Hassam_1888

Là.

A portée de mains, croirait-on.

Là, à peu de chose près. (…) On a du bleu auprès de soi. (Une incertaine église – Une histoire de bleu)

la_petite_m_sange_voleuse_Bridget

Les femmes aux yeux noirs ont le regard bleu.

Bleue est la couleur du regard, du dedans de l’âme et de la pensée, de l’attente, de la rêverie et du sommeil.

(…)

Nous rêvons d’une terre bleue, d’une terre de couleur ronde, neuve comme au premier jour, et courbe ainsi qu’un corps de femme. (Le regard bleu – Une histoire de bleu)

image_9684            henri

Tu fus la plus bleue dans ta robe.

(...)

Mais déjà la nuit dépliait ses velours. Des essaims d'abeilles  revenaient du large, un peu de bleu collé aux pattes.

Il était grand temps de mourir. (Adresse au nageur – Une histoire de bleu)

Texte "Une histoire de bleu" de Jean Michel Maulpoix nrf Poésie/Gallimard et peintures 1893 de Georges Lacombe, 1888 de Frederick Childe Hassam, 2009 de Bridget, 1952 de André Matisse  et 1889 de Henri de Toulouse-Lautrec.

Posté par caroline_8 à 07:00 - Les mots - Permalien [#]
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