fenêtres sur la cour

ce sont des mots poétiques et de belles images, des traits noirs et de la couleur, des sentiments au goût épicé, des brins d’herbe sur une page blanche, de l’écrit intimiste et des paroles voyageuses dans un tableau de la vie.

06 novembre 2009

Aller à l'essentiel...

Fenêtres sur la cour entame sa quatrième année d’existence et je me suis vue changée peu à peu au cours de sa création ; et c’est tant mieux. Aurais-je évoluée de la même façon si je n’avais, un jour du mois d’août 2006, appuyer sur la touche [créer votre blog] Pas sûre du tout !

Ainsi, je dois beaucoup à mon blog. Il m’a obligé à une certaine discipline comme la publication à envisager, le billet à écrire, l’étude de documents, l’utilisation des dictionnaires, chercher le bon mot, à aller à l’essentiel. 
C’est là où je veux en venir : l’essentiel comme la construction du moi par l’écriture parfois intime. Ce voyage intérieur donne un sens poétique, embelli et grandi à notre vie ;  le récit confidentiel nous oblige à aller de l’avant, on découvre et accède à toutes ces richesses propres aux poètes et aux artistes. [Le blog] ce carnet de bord journalier n’est pas un exercice littéraire ;  c’est un exercice qui fait parti de notre vie.*

L’écrit çà arrive comme le vent, c’est nu, c’est de l’encre, c’est l’écrit, et çà passe comme rien d’autre ne passe dans la vie, rien de plus, sauf elle la vie. Écrire- M.Duras 

Ouvrir mes Fenêtres sur la cour m’a fait avancer sur plusieurs fronts ; tout d’abord la relation avec les autres, elle s’est élargie et surtout simplifiée, elle est sans détour  et tolérante. Le fait d’avoir ce style d’amitié m’a poussé à la rencontre lors de goûters de filles, dîner éthiopien et autres, expos et pique nique, déjeuner indien, une journée à trois et carrément quatre jours dans le sud au printemps puis quatre jours dans une cabane, cet automne. Ensuite toutes ces sorties m’ont redonné le goût de m’habiller, de me plaire, de nouveau penser à moi. La confiance revenue, j’ai franchi les portes de l’atelier, repris contact avec la création par les mots, les couleurs, les matières, les clichés.

mary_beth_mckenzie

L'ambition de cette nouvelle année… tout simplement j’ai envie de sourire, de rire, de vivre. Je préfère parler de joie plutôt que de bonheur, cela me fait moins peur, cela me semble moins complexe. Depuis quelques mois, j’ai entrepris tout doucement de m’alléger matériellement, de posséder moins d’objets, de trier pièce par pièce, tiroir après tiroir et de jeter papiers, livres et bibelots sans âme. Les années défilent de plus en plus vite et ce corps changeant à mes dépens, se rappelle à moi, ce corps dont je ne me suis pas soucié, plus préoccupée que j’étais par l’esprit, il me faut l’accepter et ce n’est pas facile… Une terrible envie de vivre hors du temps, quand on veut se libérer non seulement du poids des ans, mais des risques de l’avenir. Quand nous avons dépassé les pollutions du passé. Quand l’enfance est si lointaine qu’elle semble habiter une autre vie.**

Ce que je vois dans le miroir ne correspond aucunement à ce que j'ai à l'esprit... il me faut changer mon regard, il me faut vivre ma vie et non plus de la rêver. C'est là l'essentiel.

*Texte inspiré de "Un atelier de Journaux intimes" article en 1975 de Anais Nin sur la méthode Ira Progoff, ** texte de Jacques Salomé et pastel de Mary Beth McKenzie.

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06 février 2009

De l’impossibilité parfois d’écrire

Les sujets d’écriture ne me manquent pas, l’inspiration est là mais le quotidien dévore l’instant que je devrais consacrer à la création. J’ai beau m’organiser, déléguer certaines tâches, en négliger d’autres et même les ignorer, la vie banale me rattrape et m’étouffe. Je rue dans les brancards mais rien n’y fait ; il faut juste que j’accepte de partager mon espace et mon temps avec d’autres êtres qui ne se doutent pas de mon envie de créer.

Depuis un moment, les images se sont imposées et se sont substituées aux mots. Ecrire mes mots, décrire mes maux en m’inspirant des images de créateurs d’instants est devenu le meilleur moyen de m’exprimer en cette période si froide et si perturbatrice. Ma compagne de lecture de cet hiver s’appelle Sylvia Plath et elle ne cesse tout au long de ses Journaux et ses Letters Home de s’interroger sur la manière d’écrire ses poèmes, ses nouvelles et son roman et plus particulièrement après son mariage d’avec Ted Hughes, d’écrire tout en jonglant avec son couple et les questions domestiques propres à une bonne épouse (telle une américaine des années 50)

Sir_William_RothensteinLundi 25 février 1957 (…)  Je commençais à craindre d’être en train de me laisser joyeusement aller à mon sens pratique et terre à terre. Au lieu d’étudier (…) ou d’écrire, je vais faire un gâteau aux pommes (…) Et je me disais, holà, attention, tu vas te réfugier dans le domestique (…) Et puis je viens d’ouvrir le merveilleux journal de Virginia Woolf que j’ai acheté samedi avec Ted (…) J’ai un peu le sentiment que ma vie est liée à la sienne.  (…) Seulement il faut que j’écrive. Je me sens très mal cette semaine de n’avoir rien écrit ces derniers temps.
Lundi 4 mars 1957. Je suis dans une impasse, bloquée, pétrifiée. Gelée par une sorte de paralysie mentale. Comme si c’était une solution de me figer et de ne rien oser entreprendre. (…) Je n’écris rien. Mon roman (…) Je n’arrive pas à y entrer. (…) Je me sens vraiment non créative.
Lundi 20 janvier 1958 (…) En un sens, pour écrire des poèmes, il me faut avoir tout mon temps devant moi : ni repas à préparer, ni livre à faire.
Samedi 7 novembre 1959 (…) Il y a un danger à être si proche de Ted du matin au soir. Je n’ai pas de vie distincte de la sienne, et cours le risque de ne plus être qu’un simple accessoire. C’est important que je (…) sorte de mon côté, pense et travaille de mon côté. Il faut mener des vies séparées. Il faut que j’aie une vie
intérieure qui me soutienne. (S. Plath)

Je n’ai jamais su très bien faire plusieurs choses à la fois ; longtemps dans ma jeunesse, lorsque j’aimais, plus rien n’existait que lui… Lorsqu' à 30 ans, je travaillais énormément dans la grande boutique et bien, la lecture n’était plus ma priorité… Lorsque j’ai eu mes filles, j’ai délaissé certains amis et enceinte de la troisième, j’ai quitté les cours de dessin tout juste commencés…  Consciente de cet handicap restrictif et stérile d'antan, aujourd’hui je mène des activités diverses et variées ; je suis dans un couloir aux portes ouvertes et je passe de l’une à l’autre, sans me lasser mais un peu stressée tout de même… J’ai plein d’envies, de projets de vie, de découvertes, de rencontres et même d’un grand voyage… Je respire un grand coup et j’y vais ! NB/ je fais une cure d’au moins un mois de 11 vitamines, 9 minéraux et de ginseng…

Texte de caroline_8 , extrait des Journaux de Sylvia Plath et peinture de Sir William Rothenstein

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05 décembre 2008

D'une porte, celle de l'atelier

Lorsque mes trois filles eurent effectué leur rentrée, il fut grand temps pour moi d’envisager la mienne. Depuis quelques mois, j’y pensais mais je n’osais pas trop croire à sa réalisation et c’est fébrile que je m’étais inscrite aux Ateliers des Beaux Arts de la Ville de Paris. Il est dit que c’est pris d’assaut, que les places de libre sont rares et… je fus acceptée à l’atelier de la rue Eugène Varlin, à un quart d’heure de marche.

dans_l_atelier__2

Depuis fin septembre, tous les mercredis soirs, qu’il pleuve ou qu’il vente, mon petit panier au bras, j’y cours, j’y vole et abandonne sans remord les filles, leur papa, le chat et même Fenêtres sur la cour. Oui, j’ouvre une nouvelle porte, la cinquième, celle d’un atelier de peinture dirigée par Sarah qui nous soumet des directives mais très vite nous incite à notre propre expression ; c’était ce dont j’avais envie et besoin : m’exprimer avec un certain matériau tel l’huile (incompatible dans un petit appartement) entendre des appréciations constructives, sous l’œil stimulant de condisciples.
A l’atelier, il y a ceux qui parlent volontiers à Sarah, d’autres qui émettent leur doute ou leur insatisfaction face à leur travail et ceux qui le réalise en silence. Je suis concentrée avec la crainte de ne pouvoir rendre ce que je perçois; mais avec un contentement délicieux, je ne me lasse pas d’étaler mes couleurs, de manier mes pinceaux et cela pendant trois heures d’affilées. Je n’ai ni faim ni soif et j’en ressors rassasiée, rassérénée et ravie.

La Ville de Paris fournit le papier, l’acrylique, les pinceaux ; mais possédant quelques matériels des années d’avant, je préfère emmener le mien. Dans mon petit panier (tout de même, ce n’est pas celui des années 70) s’y trouvent un carnet de croquis, de longs pinceaux bien usés, des boites débordantes de tubes bien sales, d’une boite vénitienne pour les pastels à l’huile bien émoussés et un flacon d’huile de lin.

art_basket__1

Lors de la création de Fenêtres sur la cour, j'étais loin de me douter que ce blog de mots et d’images me redonnerait confiance et surtout envie ; j’ai retrouvé le goût des belles choses, le besoin de rencontrer d’autres créatrices de mots, de couleurs, de merveilles, d’instants. J’ai appris la tolérance et le partage, j’éprouve chaque jour le désir de pousser de nouvelles portes et je chemine, enfin sans peur, vers ce pourquoi j’étais faite.

Texte et photos de caroline_8

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04 juillet 2008

"Fenêtres sur la cour" sur le divan

Le blog "Fenêtres sur la cour" se livre à une petite introspection, telle une maison ouverte aux quatre vents (…) les gens sont parfois pour moi des maisons aux portes ouvertes. J'entre, j'erre à travers des couloirs, des pièces... Etty Hillesum  Entrons dans la cabane, tous les espoirs et les rêves y sont permis.

La maison est le refuge de tout individu, la possibilité du retour en soi, la maison est l’intérieur du rêveur. Chacune de ses pièces, ses étages a sa correspondance avec une des parties du corps et un des états de l'âme.

Egon_Schiele__1890_1918____Wally_en_chemisier_rouge__genoux_relev_s__1913

En créant le blog, construire en quelque sorte ma maison, il est vrai, que je suis à ce moment là, dans une plus grande aisance matérielle et affective, un confort de vie amélioré, des croyances affirmées ; la maison posséde des murs en bon état, les difficultés sont derrière moi. Si je fais des travaux de rénovation à l’extérieur du blog - renouvellement de la bannière, nuance de la couleur du fond- c’est que je modifie mon comportement vis-à-vis des autres, quant à l’intérieur du blog -suppression de catégorie, création d’albums photos- c’est que ceux ci annoncent une évolution de ma vie éveillée.

Le sol sur lequel repose ma maison est fait de terre bien lourde, ocre rouge et odorante, de la terre d’Afrique que seul un vent chaud de colère soulève pour atteindre mon ciel heureusement de plus en plus étoilé. Les seuls végétaux qui poussent dans mon jardin secret sont l’arbre du voyageur et l’arbre à palabres, mes sages. La mer n’est pas loin, la maison a les pieds dans l’eau, calme et apaisante ou agitée et troublante, celle-ci fait office de baromètre.

Chez moi, il y a bien sûr une porte ; j’en ai ouverte plusieurs, mais j’ai refermée celle-ci, je suis à l’intérieur. Par contre, mon blog possède de nombreuses fenêtres, elles sont mes yeux, grands ouverts sur le monde ; la lumière pénètre mon âme et m’apporte une liberté d’action, de décisions, de choix. Je ne veux pas que ma maison soit murée de toutes parts, ni mes fenêtres bouchées, mais qu'y circule librement la brise que m'apportent les cultures de tous les pays. Gandhi  C’est un rez-de-chaussée  plein de meubles et de gris-gris, d’émotions souvent exprimées. A l’étage m’attendent les rêves à venir, quant au grenier, symbole de spiritualité,  j’y range l'enfance, les souvenirs liés à ceux qui m’aiment, veillés par l’ange.

Ce qui relie toutes les pièces, c’est le couloir qui figure l'état transitoire, l’entre deux. Egon_Schiele_1913Passons au salon, au milieu duquel trône un canapé rouge ; mon boudoir, un lieu intime, si intime que l'on peut se permettre d'être toute autre et peint de rouge intense comme peut l'être ce qui est interdit... Les murs sont couverts de tableaux, pèle mêle, comme dans une boîte à images, pleine d'émotions et de coups de coeur. Près du canapé rouge et face à un feu de cheminée qui brûle les jours de tempête, de peur et de vide, s’alignent mes bibliothèques pour vous laisser une trace de mes lectures. J’y range peu à peu mes bouquins, le vent léger et  libérateur de la connaissance.

Je me sens beaucoup mieux maintenant, mes fondations sont solides, alors j'ose sortir, partir, je sais où je vais et j'y vais bien souvent à vos côtés, j'ai tendu des cordes de clocher à clocher, des guirlandes de fenêtre à fenêtre, des chaînes d'or d'étoile à étoile et je danse. Arthur Rimbaud

Texte de caroline_8 inspiré de -L'interprétation des rêves-  de Sigmund Freud et peinture -Wally en chemisier rouge- 1913 et -Mutter und Tochter- 1913 de Egon Schiele.

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08 février 2008

D'une âme voyageuse et sans masque dans Venise

Le Simplon Express roule de nuit et au matin, il traverse la lagune, s'arrête en gare de Santa Lucia et au bas des longues marches, Venise se réveille... Nous sommes le 8 mai 1983.

Venise, le 11 mai 1983 - 12 heures trente

San Maria della Salute, au bord du Grand Canal, n’ouvre qu’à 15h… Venise est devant moi, le vent est doux, le soleil rassurant.
Ce voyage-ci, le besoin d’écrire se fait moins tenace ; j’ai envie par petites touches d’eau colorée, de mettre sur du papier blanc, ce que je vois, sens, entends, ce que je vis avec beaucoup de plaisir. Ce plaisir que je m’offre, seule. Sereine depuis que je vis seule, sans un homme gardien qui, s’en le vouloir sans doute, m’empêcherait d’aller au-delà de moi, de nous. Depuis, je ne cesse de découvrir, de mieux comprendre les autres et l’ailleurs ; ce qui me fait naître, construire ma vie avec l’espoir qu’un jour, elle croise celle d’un homme, mon égal avec lequel je ferai un bout de chemin… il ne sera peut être qu’une étape du voyage ! Pourquoi, assise sur les marches della Salute, le regard tourné vers le Palazzo Ducale et son pont des Soupirs, pourquoi mon esprit est occupé par ceux qui ont bien ou mal partagé mon existence ? C’est que Venise est pleine de ces couples qui misent toute leur destinée sur cette entente, si douce mais si fragile, acquise ici. Or Venise n’est pas qu’une ville d’amour, c’est une voix tonitruante au teatro La Fenice, c’est l’ocre rouge passion des murs, c’est le vert croupi et ennuyeux des canaux, c’est le vent séduisant du large, c’est un tableau de la vie à feu et à sang, rien à voir avec le quotidien appelé à vivre, après la lune de miel.

Santa_Maria_della_Salute_1913

Isola di San Michele, le 13 mai 1983 -13 heures trente

Le vaporetto n°5 me dépose, pour ainsi dire, seule sur l’île ; à cette heure, ils sont occupés à repérer une terrasse au soleil printanier pour siroter un san pelligrino ou déguster des pâtes.
Je traverse le cimetière muré de briques roses et couvert de cyprès vert; la promenade parmi les tombes vénitiennes, fleuries et très m'as-tu vues, m'est indifférente mais je suis séduite par le cimetière évangéliste où sont enterrés des anglais et des allemands, où plus jamais personne ne vient leur rendre visite. Des arbres du voyageur poussent depuis leurs sépultures ; ce sont leurs âmes voyageuses qui ne veulent pas reposer ici, à Venise et qui s’élancent vers l’ailleurs. Dans le cimetière orthodoxe, c’est pareil ; seule la tombe de Diaghilev, petit monument gris et celle de Stravinsky, marbre fleuri ont leurs visiteurs attitrés.
Si j'étais riche ou si le hasard voulait que ma vie s’arrête là, à Venise… j’aimerais être enterrée sur l’île de San Michele, du côté des étrangers.
Tout au bout de la grande allée, les murs roses sont percés de trois larges grilles noires qui laissent apparaître la lagune et au loin dans la brume, Venise la bruyante, Venise la vivante me rappelle que je n’ai encore que 32 ans.

Clic sur la composition faite des billets, tickets et traces de cette escapade en solitaire. Barbouille est, elle aussi, allée récemment à Venise et nous livre ses impresssions et de superbes photos. Quand à Delphine, c'est avec son billet printanier -sentant bon la lessive- qu'elle m'a incitée à vous dévoiler ces notes, un peu intimistes. Et Lorenzo, fou de Venise, atteste du bien fondé de la solitude dans Venise.

venise_1983Vaporetto 1                        1000 lires
Teatro de la Fenice            9000 lires
Hôtel Ala  pourboire            500 lires
Vaporetto 1                        1000 lires
Dell’Accademia                  2000 lires
Teatro pourboire                 500 lires
Peggy Guggenheim           3000 lires
Timbres                                 3250 lires
Scuola Grande  di Rocco    2000 lires
Eglise dei Frari                     300 lires
Vaporetto 5                        1200 lires
San Giorgio Maggiore        1000 lires
Vaporetto 5                        1200 lires
Masque de Venise           20 000 lires
Vaporetto 6                        2000 lires
Vaporetto 1                        1250 lires

Un mois plus tard, le 11 juin 1983 dans Paris, je rencontrais le père de mes trois filles.

Texte de caroline_8 (journal de mai 1983) et peinture Maria della Salute -1913- John Singer Sargent

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07 décembre 2007

De l'âme polie comme un galet

M’octroyer quelques soins et du plaisir, me nourrir de mets légers et sains, marcher dans la nature et au bord de l’eau, être amie avec moi-même, me respecter, tel est donc mon devoir premier. Mais la pratique de soi doit faire corps avec l’art même de vivre. A la violence et aux peurs souvent diffusées par les médias, opposez  la connaissance, l’art, la beauté, la recherche du bien-être. La pauvreté ne se résume pas à un manque d’argent. Elle signifie aussi manquer de qualités humaines, spirituelles et intellectuelles. 

Chase_William_Merritt_nu_de_dos_1888Nos vies sont ce que nos pensées en font. Nous sommes responsable de notre existence et le monde qui nous entoure en est le reflet. Les raideurs du corps dérivent des raideurs de l’esprit. Mettez au panier ce qui vous empoisonne la vie comme les rancunes, les blessures non pardonnées, les détritus du passé. Simplifiez votre carnet d’adresses et rompez avec les relations stériles. En amour, ne soyez pas esclave de l’autre sexe. Fuyez les gens sans intelligence de coeur et fuyez les gens sans tolérance. Le cadeau idéal, en amitié, est d’offrir son calme, sa présence, son écoute et sa bienveillance. Aider les autres, c’est plutôt les amener à penser et faire en sorte qu’ils ne soient pas amers et envieux. 

Cultivez l’art de vivre seul. Nous sommes tous, au plus profond de notre être, seuls. Ce n’est pas la solitude matérielle qui est à craindre, mais la solitude spirituelle. Vivre seul est un art qu’il faut apprendre et cultiver, pour ainsi pouvoir apprécier la présence des autres. Méditer, lire, rêver, imaginer, créer, apprendre à être heureux pour soi seul. Extrayez des livres ce qui vous touche personnellement en le recopiant. Phrases et images apportent du plaisir et donnent du courage, de la vitalité et de l’espoir. Alternez vos lectures avec l’écriture. Elle nous aide à interpréter ce que nous vivons. Vivez sous votre propre lumière. Lire, écrire, c’est donc prendre soin de soi. C’est constituer un moi plus solide et entier propre à soi et à soi seul.

Après avoir versé de l’encre et vidé mon cœur, je me sens sereine. Les images intérieures sont aussi importantes pour l’âme que celles de la nature pour les yeux. L'âme a la couleur du regard. L'âme bleue seule porte en elle du rêve, elle a pris son azur aux flots et à l'espace. (Guy de Maupassant)

Texte de -L'art de la simplicité- de Dominique Loreau et peinture de William Merritt Chase -Nu de dos- 1888

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09 novembre 2007

Quand les larmes coulent, le coeur se met à la fenêtre.

Il y eut l’époque bohème des cartons à dessin et des jupes longues, celle de la jeune professeur que j’étais, pratiquant l’art avec des enfants et puis celle florissante des responsabilités dans une très belle boutique d’importation au cœur de Paris.
Un jour, la porte a claqué sur des amours compliqués, des amitiés très légères, un travail accaparant et peu reconnaissant. Ce fut la fin des petits cigarillos lors de repas chez "Julien" ou "Au Vaudeville", de la confortable chambre au 20ème étage du Hilton à Bruxelles, de l’ambiance bien particulière des salons de décoration et de celle des périodes de fêtes dans nos boutiques. J’ai rangé mes talons hauts et j’ai fait des bébés. J'ouvrais la troisième porte.

L_espoir_2Sans regret, j’ai câliné, élevé et instruit pendant une dizaine d’années, sans faillir et avec beaucoup de bonheur. A quatre pattes, nous avons bâti des maisons en Lego, mis en scène des Barbie, modelé des hamburgers frites en pâte Play-Doh et surtout lu des histoires enfantines aux belles illustrations tous les soirs. Nous étions "les quatre filles de docteur March" ou la famille Ingalls… Le père des deux histoires était le héros absent, bien sûr, pour cause de guerre ou de chasse. La tempête ne nous atteignait pas, la maison était solide et blotties sous les plaids, toutes les quatre, nous vivions nos aventures.
Puis, j’ai été malade, bien malade et après rien n’allait plus. Je me suis posée des questions et j’ai cherché
les réponses dans la lecture avec qui j’ai renoué. –Petite fille, je vivais dans la folle attente de la vie. Je croyais qu’un jour, brusquement la vie allait commencer, s’ouvrir devant moi. (…) Et pourtant, il y a longtemps que la vie a commencé et même, lorsque petite j’attendais, c’était déjà la vie. (Milena Jesenska –Vivre-)
Dans mes –Lettres du soir- je prenais note de ces mots qui résonnaient si bien en moi, de ces phrases que j’aurai pu dire et même écrire, de ces idées auxquelles j’adhérai soudainement. -Des fois, je ferme les portes, je coupe le téléphone, je coupe ma voix, je ne veux plus rien. (… ) Que seule l’écriture vous sauvera. Ecrire quand même malgré le désespoir. Non : avec le désespoir. (Marguerite Duras –Ecrire-)
Un été, j’écrasais des pastels à huile sur des feuilles de papier kraft. Un thème s’est imposé : des portes… ouvertes ou fermées,  des entre deux portes, des couloirs, des escaliers, des seuils. -Je ne peins pas pour vendre, mais je peins parce que cela me fait du bien ! (Dora Carrington)

Tout se mettait en place, mais cela dura des années… Une phase nouvelle a bel et bien commencé ! (… ) Je me sens si bien, pleine d’harmonie intérieure et de santé… et je finirai peut être par me sentir enfin adulte. (… ) Je laisse à d’autres le soin de s’exprimer à ma place. Je cherche partout la confirmation de ce qui fermente et agit en moi, mais c’est avec mes mots à moi que je devrai essayer d’y voir clair… pour me rejoindre moi-même. (Etty Hillessum -Journal-)
Il y a peu de temps, je laissais cette quatrième porte entr’ouverte, les filles n’ayant pas fini de grandir et j'entrais dans une cabane bien à moi, une cabane avec des fenêtres  ouvertes sur… vous, une cabane d’écriture.

Texte de caroline_8 et peinture de Gustav Klimt -L'espoir II- 1907/08 .

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19 octobre 2007

A corps léger, vie légère...

S’aimer est la seule façon de maigrir… car grossir, c’est mourir un peu… donc il faut s’aimer, s’apprécier pour bien vivre, pour exister.

femme_amphoreMangez frugalement et mangez bon dans un bel environnement, en utilisant un bol en bois qui permet de doser le volume de nourriture. Le bol en bois est symbole de pauvreté, de frugalité chez les mystiques asiatiques qui vivent en accord avec leurs idéaux et leur éthique.
Visualisez votre poids idéal et travaillez vos affirmations :
-mangez de petites quantités et lentement
-boire à petites gorgées et surtout entre les repas
-mangez des aliments frais, de la qualité et non de la quantité
-évitez le sucre, le sel et l’alcool
-utilisez comme seule graisse, des huiles extraites à froid
-pas deux féculents et pas deux protéines par jour

Je ne suis pas dans la volonté, mais dans le désir d’être autre ; je ne fais pas de régime, je mange peu… c’est tout ! En quatre semaines, j’ai perdu cinq kilos… Pendant trois semaines, je me suis stabilisée; puis j'ai perdu de nouveau deux kilos... J'ai enfin atteint mon poids visualisé. Je conserve cette hygiène de vie et à chaque pesée (une fois par semaine) j’écris mon poids et améliore  mon attitude en rectifiant mes erreurs de la semaine passée. Petits trucs qui ont leur importance: Boire au réveil, un mug d’eau chaude additionnée d’une cuillère à soupe de vinaigre de cidre… c’est devenu pour moi, un besoin et un réel plaisir. Puis, dans l’après-midi, faire une pause avec un grand mug de thé vert nature sans sucre. Parfois, si le dîner m’a semblé plus consistant, je rebois du thé vert.

Cette compréhension d’une vie meilleure passe pour beaucoup par l’esprit et l’écrit… Comprendre que l’on mange trop pour oublier les problèmes, l’ennui et son mal-être est plus important que la diététique et les crèmes. Se débarrasser de tout ce qui sape son énergie : nourriture malsaine, gens inintéressants, objets encombrants, médiocrité du quotidien… ce sera le sujet d'un prochain billet.

Votre vrai moi est celui qui est en vous, non cette image que vous offrez au monde à travers votre personnalité.

Papier découpé-gouaché-collé de Henri Matisse -La femme à l'amphore et grenades- 1953 et texte -L'art de la simplicité- de Dominique Loreau aux Ed. Marabout

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21 septembre 2007

Un voyage au coeur de mon carnet

A l’initiative de Lila Rose qui aime à nous parler… un jour, du quotidien tout simplement… j’ai eu envie de  vous ouvrir les pages de mon grand carnet de papier recyclé, trouvé chez Habitat dans les années 90.

carnet_8 carnet_9 carnet_10 carnet_11 carnet_12

Passionnée de décoration, de maison à la campagne, de senteurs exotiques, d’ambiance country, de style ethnique et de livres, j’y collais toutes les photos qui suscitaient ces atmosphères. Les mois ont passés, puis les années et ce cahier s’est gonflé de toutes ces illustrations ; et tel un livre d’images, j’aime à le feuilleter quelquefois pour rêver sur ces traces, pour me souvenir des contours, pour m’inspirer de ces teintes, de ces textures pour peindre aux pastels à l’huile sur du papier kraft, ces portes que j’aime tant ouvrir à l’aide de mots, de traits et de couleurs.

       carnet_1

Ce besoin de thésauriser des  décors de vie sur des feuilles de papier, c’est un peu les posséder, en s’y installant éphémèrement ; vivre une autre vie, comme dans la lecture d’un bon roman, être autre pour un court instant. Comme dans un voyage, où le  bonheur du voyage, c’est de rendre brusquement désirable un lieu absolument étranger ; pouvoir s'imaginer, ne fût-ce qu'un instant, que c'est ici qu'on voudrait vivre. (B.Peeters)

      carnet_3

Ce grand carnet que je nommais –Images et impressions- est une trace de plus, une trace de vie, pour ne pas m’oublier, pour ne pas mourir. Et il reste encore des pages grises à remplir de ma vie...  comme sur les Pages de madame Zesthétic. A votre tour,  pour notre plaisir, ouvrez nous vos petits carnets; livrez nous vos petits secrets, pour qu'une fois encore, les mots nous unissent sur les pages de nos blogs.

Texte et images de caroline_8

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07 septembre 2007

Face à mon miroir

Je dépense du temps, de l'énergie et de l'argent à embellir ma maison, à cuisiner pour ma famille, à m'occuper des autres alors que je me donne des excuses, à ignorer mon corps, en prétendant ne pas avoir le temps pour marcher, purifier ma peau ou planifier un régime... C'est tout moi!

magritte_1936La beauté physique repose beaucoup sur la santé et la confiance en soi.  Y'en a, de la confiance et de la santé! Avoir de la présence produit une impression si vive,  sur les autres, que l’on n’a pas besoin de posséder le physique le plus parfait, pour être beau.  C'est rassurant! C’est la qualité de cette présence qui donne ce que l’on appelle l’allure.  Alors là, il y a du travail... de l'allure, genre... Si vous vous efforcez de montrer un visage souriant au monde, vous deviendrez heureuse à votre tour et le monde lui-même vous sourira. C'est vrai, je le fais depuis quelque temps déjà et le sourire des autres me fait du bien et je me sens heureuse... ponctuellement.

Libérez votre corps par les soins et le sommeil.  Si vous voulez être en bonne santé, mangez correctement, faites de l’exercice (de m'activer au travail, suffira bien et pour la marche, les courses sans stress à ED et Monoprix)  et dormez suffisamment. Alors, fini le blog à des heures de nuit et du petit matin. Regardez vous souvent dans les miroirs et ne fuyez pas votre image. Cela va être très dur, ce n'est pas du tout dans mes gènes.

Reconnectez votre corps à votre esprit. Et nettoyez le en profondeur par le brossage journalier, revigorant et énergétique, avec une brosse japonaise en sisal, matière textile exfoliante. Se brosser le corps est un rituel, une façon de s’aimer. Séchez vous, tout en vous frictionnant avec une petite serviette rugueuse et exfoliante. Les Japonais et les Suédois aiment se faire mal, euh... du bien!

Pour nettoyer votre peau, utilisez un savon à base de glycérine végétale au parfum citron vert, mandarine ou avocat. Ensuite, nourrissez votre peau à l’aide d’une huile de massage au parfum menthe poivrée et eucalyptus, romarin et arbre à thé. Il va me falloir la matinée pour brosser et masser... ce corps.

C'est la phrase "Grossir, c'est mourir un peu" qui a déclenché ma nouvelle démarche... ce sera le sujet d'un prochain billet.**

Texte de -L'art de la simplicité- de Dominique Loreau et peinture de René Magritte, Liaisons dangereuses, 1936.

Posté par caroline_8 à 08:00 - Une chambre à soi - Commentaires [8] - Permalien [#]
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