03 juillet 2009
Entre les mots et l'image
Pour Elle
Entre les mots et l’image, phrase empruntée à celle qui me touche par ses photos, phrase que j’aurais pu écrire, il y a très longtemps, cette phrase résume en quelques mots ce que je ressentais et tentais d’exprimer : j'ai besoin de produire autrement. Je n'arrive pas à localiser cet autrement: est-ce la peinture ou l'écriture. Les deux à la fois peut-être. Trouver le lien. Que la peinture et l'écriture se mêlent indistinctement sur la surface blanche. Et la grande question: suis-je capable de cette création?- (journal d'avril 1977)
Il y a cette boite de bois, finement fermée d’une ficelle couleur lin, qui comme toute boite renferme ce qui semble être cher et à garder très longtemps, là dans sa boite marquée par le temps et que les enfants appellent boite à trésor. Objet du décor.
De cette boite là, le couvercle soulevé, des encarts s’échappent de feuilles de papier de soie bistre et froissé ; pages de livres tronqués, mille feuilles à la colle jaunie, phrases lui parlant sans doute et bien encollées pour mieux se les approprier. Mots dérobés.
A ces phrases tirées des livres, à ces copies elle mêle la nature, ton brun sur blanc cassé, feuilles d’automne sur feuilles d’antan, les mots sur feuilles, les feuilles entre les mots. Entre les mots et l’image. Collages.
Des bouts de papier, des phrases prennent leur envol, telles des papillons de papier mais qui bientôt se posent à terre. Mots ailés. Maux d'elle et
... dans l’atelier, pots de colle et pinceaux, cartonnage, feuillets et carnets, image de l’inspiration, d’une création, un tranche de vie, une part d’elle-même, entre ombre et lumière, du noir sur du blanc, de l’écrit sur des pages, elle… entre les mots et l’image.
Est-ce l'image ou l'écriture. Les deux à la fois peut-être. Trouver le lien. Que l'image et l'écriture se mêlent indistinctement sur la surface blanche.
Texte de caroline_8 et photos de -copyright depuis 1965- blog "Entre les mots et l'image"
03 avril 2009
L'inspiration... comme un fil qui court
Même si on n’a pas encore une chambre à soi, on a besoin d’un lieu, si petit qu’il soit, il est à nous. Il peut se composer d’un bureau ou du bout d’une table, et même se réduire à un tableau d’affichage pour beaucoup d’entre nous ; sur un panneau mural se résume en quelque sorte nos envies, nos inspirations, notre moi le plus intime. Avant même la table d’existence, la femme occupe cet espace pour se rappeler qu’elle peut s’exprimer, certes en silence, mais en images comme le prolongement de son journal intime qui lui est en mots.
frontier de bootsy holla
L’inspiration ne peut que nous mener vers la créativité et elle découle souvent d’une accumulation d’objets ou d’images qui suscitent cette envie de création. Petits objets ramenés au cours de voyages, de rencontres et d’images récoltées au gré de lectures auxquels peuvent s’ajouter des mots qui relient ces témoins d’un instant et que l’on s’efforce de prolonger ainsi que la sensation de bien-être, d’être soi encore un peu plus. Ceci nous amène naturellement à exprimer, à nous exprimer par la création et parfois dans la vie de chaque jour, ce qui nous sauve du quotidien.
picture hanger de this ordinary life
Ullabenula David Seidner
Ce qui les inspire :
La poésie des petits riens de Barbara Berrada (photographe et créatrice), laisser un blanc dans la pensée (…) écouter juste la musique des objets de Rebecca Loulou (artiste peintre) je suis avant tout une grande contemplative de Sissi Minanaä (illustrative) que mon travail raconte une histoire de Delphine Roche de Montgrand (faussaire illusionniste) comme un fil qui court de Virginie Sannier (le carnet d’inspiration n°1 mai 2008)
le blog de Jenni Simmons, via decor8
Ce qui inspire caroline_8: mon premier "inspiration board" celui de cet hiver, là dans mon carnet.
Texte de caroline-8 et images intimes et personnelles d'artistes sur Flickr. This amazing flickr group now has its own blog -- the Inspiration Boards Blog -- sharing interviews with some of the creative people whose boards are featured here.
20 mars 2009
Train en partance
Assise dans la voiture 17, je quitte des yeux ma lecture, je quitte des yeux Virginia [qui] descend l’escalier qui mène à la gare.* A travers la vitre, le paysage défile à toute allure. Paris est à présent très loin, le ton gris des banlieues a disparu et peu à peu, le voile terne recouvrant les champs s’est levé, révélant des verts, des terres de sienne naturel et des ocres jaunes. Virginia consulte l’horloge du regard, constate qu’un train vient de partir et que le suivant ne partira pas avant vingt-cinq minutes. (…) Si elle se décide, si elle attrape le train qui part dans, mettons, vingt-trois minutes, va à Londres… (…) Léonard sera fou d’inquiétude.* La campagne se vallonne de plaisir sous la caresse d’un soleil effronté, les maisons, aux toits de tuiles rosées, ouvrent tout grand leurs ouvertures sur ce monde soudain éblouissant.
(…) Mrs Dalloway, pense t'elle [Virginia], est une maison sur une colline où une réception se prépare (…) Elle conserve le billet dans sa poche. Elle ne racontera jamais à Léonard qu’elle a eu l’intention de s’enfuir, même pour quelques heures.* Cette escapade de quelques jours est une fête. Le train file vers le sud où je suis attendue.
Texte de caroline_8, écrit le vendredi 13 dans le TGV 6205, et photo de caroline_8, prise en gare de Nîmes, via Montpellier. * Texte tiré du livre "Les heures" de Michael Cunningham
17 octobre 2008
Carnet de vie, page suivante...
Cahier de vacances, recueil, carnet* de voyage.
Le carnet inachevé * La page tournée * Watercolors notes *
Livret d’histoires courtes, album* de collages, bloc-notes.
Little Books d'Anna Wolf *
Journal de croquis, sketchblog* et agenda.
Le carnet journalier de Elisabeth Perry: Woolgathering *
Andrea Joseph's sketchblog *
Mémoires, opuscule, registre* d'un vie et calepin.
J. Morgan Puett * via Mildred's Lane du Divan Fumoir Bohémien *
The Red Leather Diary by Lily Koppel * via indigoalison *
Une page blanche du célèbre Moleskine à noircir, à colorier pour devenir ce journal créatif là. A découvrir aussi "La Dame Blanche" du blog de Alexandra de Lapierre et le Moleskine vert de humus.
26 juillet 2008
Dans le carnet de Peter
Feuilletter le carnet de Peter Beard, via le blog de Najelie.
08 février 2008
D'une âme voyageuse et sans masque dans Venise
Le Simplon Express roule de nuit et au matin, il traverse la lagune, s'arrête en gare de Santa Lucia et au bas des longues marches, Venise se réveille... Nous sommes le 8 mai 1983.
Venise, le 11 mai 1983 - 12 heures trente
San Maria della Salute, au bord du Grand Canal, n’ouvre qu’à 15h… Venise est devant moi, le vent est doux, le soleil rassurant.
Ce voyage-ci, le besoin d’écrire se fait moins tenace ; j’ai envie par petites touches d’eau colorée, de mettre sur du papier blanc, ce que je vois, sens, entends, ce que je vis avec beaucoup de plaisir. Ce plaisir que je m’offre, seule. Sereine depuis que je vis seule, sans un homme gardien qui, s’en le vouloir sans doute, m’empêcherait d’aller au-delà de moi, de nous. Depuis, je ne cesse de découvrir, de mieux comprendre les autres et l’ailleurs ; ce qui me fait naître, construire ma vie avec l’espoir qu’un jour, elle croise celle d’un homme, mon égal avec lequel je ferai un bout de chemin… il ne sera peut être qu’une étape du voyage ! Pourquoi, assise sur les marches della Salute, le regard tourné vers le Palazzo Ducale et son pont des Soupirs, pourquoi mon esprit est occupé par ceux qui ont bien ou mal partagé mon existence ? C’est que Venise est pleine de ces couples qui misent toute leur destinée sur cette entente, si douce mais si fragile, acquise ici. Or Venise n’est pas qu’une ville d’amour, c’est une voix tonitruante au teatro La Fenice, c’est l’ocre rouge passion des murs, c’est le vert croupi et ennuyeux des canaux, c’est le vent séduisant du large, c’est un tableau de la vie à feu et à sang, rien à voir avec le quotidien appelé à vivre, après la lune de miel.
Isola di San Michele, le 13 mai 1983 -13 heures trente
Le vaporetto n°5 me dépose, pour ainsi dire, seule sur l’île ; à cette heure, ils sont occupés à repérer une terrasse au soleil printanier pour siroter un san pelligrino ou déguster des pâtes.
Je traverse le cimetière muré de briques roses et couvert de cyprès vert; la promenade parmi les tombes vénitiennes, fleuries et très m'as-tu vues, m'est indifférente mais je suis séduite par le cimetière évangéliste où sont enterrés des anglais et des allemands, où plus jamais personne ne vient leur rendre visite. Des arbres du voyageur poussent depuis leurs sépultures ; ce sont leurs âmes voyageuses qui ne veulent pas reposer ici, à Venise et qui s’élancent vers l’ailleurs. Dans le cimetière orthodoxe, c’est pareil ; seule la tombe de Diaghilev, petit monument gris et celle de Stravinsky, marbre fleuri ont leurs visiteurs attitrés.
Si j'étais riche ou si le hasard voulait que ma vie s’arrête là, à Venise… j’aimerais être enterrée sur l’île de San Michele, du côté des étrangers.
Tout au bout de la grande allée, les murs roses sont percés de trois larges grilles noires qui laissent apparaître la lagune et au loin dans la brume, Venise la bruyante, Venise la vivante me rappelle que je n’ai encore que 32 ans.
Clic sur la composition faite des billets, tickets et traces de cette escapade en solitaire. Barbouille est, elle aussi, allée récemment à Venise et nous livre ses impresssions et de superbes photos. Quand à Delphine, c'est avec son billet printanier -sentant bon la lessive- qu'elle m'a incitée à vous dévoiler ces notes, un peu intimistes. Et Lorenzo, fou de Venise, atteste du bien fondé de la solitude dans Venise.
Vaporetto 1 1000 lires
Teatro de la Fenice 9000 lires
Hôtel Ala pourboire 500 lires
Vaporetto 1 1000 lires
Dell’Accademia 2000 lires
Teatro pourboire 500 lires
Peggy Guggenheim 3000 lires
Timbres 3250 lires
Scuola Grande di Rocco 2000 lires
Eglise dei Frari 300 lires
Vaporetto 5 1200 lires
San Giorgio Maggiore 1000 lires
Vaporetto 5 1200 lires
Masque de Venise 20 000 lires
Vaporetto 6 2000 lires
Vaporetto 1 1250 lires
Un mois plus tard, le 11 juin 1983 dans Paris, je rencontrais le père de mes trois filles.
Texte de caroline_8 (journal de mai 1983) et peinture Maria della Salute -1913- John Singer Sargent
05 janvier 2007
Du journal intime à l'aventure africaine
Peter Beard, né en 1938 à New-York, commence à écrire son journal, dès 1950, comme un besoin d'imprimer l'instant présent dans toute sa vérité. Après un séjour en Afrique en 1955, il s'installe définivement au Kenya, en 1960, à Hog Ranch, dans la région des Ngong Hills, près de Nairobie. C'est là, que se trouve la maison que Karen Blixen habitait jusqu'en 1932; et... c'est la rencontre avec Karen Blixen en 1961, au Danemark, dont la lecture de -La ferme africaine- a déclenché chez lui une passion pour l'Afrique.
Peter Beard et Karen Blixen travaillent ensembles, jusqu'à la mort de celle-ci en 1962; ce qui confirme chez lui, son envie de se consacrer à ce continent et à ses animaux, vaste espace à la mesure de son ambition.
Portrait: le baroudeur amoureux de l'Afrique, le défenseur visionnaire des éléphants et de la faune africaine en danger, le regardeur attentif et passionné des objets Dogons, le photographe de Truman Capote, l'ami et le modèle de Francis Bacon. L'essentiel de l'oeuvre de Peter Beard reste cet objet unique qu'est l'énorme journal qu'il a composé, guidé par une obsession de figer le temps, nécessité d'inscrire qui rappelle l'ambition de la photographie de piéger le temps, d'en inscrire l'empreinte dans l'urgence.
Ce journal: Peter beard incorpore, à ses tirages, du sang, de la terre d'Afrique, des végétaux apportés par le vent sur les épreuves séchant en plein air. -Coupures de presse, photographies, dessins se confrontent à des textes manuscrits qui envahissent l'espace de la page, tracés à la plume, à l'encre de Chine, parfois noire, souvent brune, puis rouge, verte ou bleue, suivant l'humeur ou la disponibilité du matériel... propos, toujours tenu, de ville en ville, d'hotel en savane, de voyages en moments de détente- (note de Christian Caujolle-Peter Beard-Ed.Nathan Photo poche)
Des milliers de pages qui relatent une vie -vie et oeuvre mêlées- qui refuse de se mentir à elle-même et l'auteur humain, tellement humain, tellement sans mensonge. Une nostalgie de l'Afrique sauvage au moment où elle disparait irrémédiablement, un témoignage qui dénonce la folie des hommes.
17 novembre 2006
Dans la valise... un carnet
Le carnet de voyage est un genre littéraire et plastique qui évoque avant tout le voyage, il se distingue du récit de voyage qui propose une lecture linéaire. Dans ma valise, je mettrais un carnet, un crayon bien taillé et une palette d'aquarelles, des ciseaux, un tube de colle et une pochette-récolte d'objets sur le lieu du voyage.
Mais parlons du carnet: c'est un assemblage de mots, de courts textes, de croquis, de couleurs et de petits objets récoltés de ci de là, peu épais, à coller. Ce qui fait le charme d'un carnet, c'est la mise en page des différentes matières d'expression qui en font sa personnalité.
Un carnet ne doit être ni trop petit (les croquis étoufferont) ni trop grand (pour son transport), composé de feuilles reliées entre elles par des spirales, une cordelette ou une pince. Les feuilles de papier peuvent être de riz, de papier d'aquarelle, de papier craft ou autres. Et les petits objets à coller
comme des tickets, des timbres, des étiquettes, des emballages alimentaires, des articles de journaux, des feuilles et des fleurs séchées, des épices, des plumes, des perles, des morceaux de tissus, du sable.
Ces deux livres donnent tous les conseils pour y parvenir; c'est déjà un voyage à les lire.
Dans les librairies, nous attendent de nombreux carnets qui appellent au voyage des yeux; parmi les plus connus, ce sont les carnets de Titouan Lamazou; dans ses Carnets de voyages, il nous fait partager ses plus belles rencontres, avec le regard d'un ethnologue et le coeur d'un artiste: - Il y a toujours un motif à mes voyages, c'est l'écriture -
Sur internet, Antonia Neyrins partage sa passion des voyages et de l'illustration: - Si la pratique du carnet de voyage est une philosophie de vie, le voyage en lui-même, est un prétexte et un alibi, car plus que le lieu lui-même, c'est la rencontre avec l'autre qui prime dans mon approche et mon désir de propager le bonheur -
En 1832, un peintre célèbre comme Eugène Delacroix, plus peintre que voyageur, revint du Maroc avec ses fameux croquis: -pris vite sur le vif et dans des conditions difficiles, souvent complétés ou coloriés le soir, rentré dans sa chambre, comme autant d'aide-mémoire. Une somme considérable de notes, de croquis, d'aquarelles et d'écritures.
Delacroix crayonne même à cheval, son carnet arrimé au pommeau de la selle, consignant d'une écriture tremblotante ce qu'il ne peut dessiner! Le soir, il comble les blancs des pages, achève les phrases, colorie et complète... (note de Jean Bourdais) De ces carnets, naîtront bien des années plus tard, quelques unes de ses œuvres maîtresses.
Et si vous avez encore envie de rêver, Croquis et voyages, un très beau site trouvé sur le blog Uniterre et à voir aussi, le carnet de Tati.













































