06 août 2009
On pourrait imaginer que quelqu'un écrivit une histoire du bleu
Comme une suite à ce billet du 10/12/07: D'une robe bleue
L’un d’entre nous parfois se tient debout près de la mer.
Il demeure là longtemps, fixant le bleu, immobile et raide comme dans une église, ne sachant rien de ce qui pèse sur ses épaules et le retient, si frêle, médusé par le large. Il se souvient peut être de ce qui n’a jamais eu lieu. Il traverse à la nage sa propre vie. (…) Il laisse en lui se déplier la mer : (…) [elle] le conduit sans hâte là où le ciel a seul le dernier mot (…) [là] où la tête rend un son creux après avoir craché son âme. (Le regard bleu – Une histoire de bleu)
Convalescence du bleu après l’averse…
Le ciel se recolore. Les arbres s’égouttent et le pavé boit. (…)
On voudrait jardiner ce bleu, puis le recueillir avec des gestes lents dans un tablier de toile ou une corbeille d’osier. Disposer le ciel en bouquets, égrener ses parfums, tenir quelques heures la beauté contre soi et se réconcilier.
On voudrait, on regarde, on sait qu’on ne peut en faire plus et qu’il suffit de rester là, debout dans la lumière, dépourvu de gestes et de mots, avec ce désir d’amour (…) quand bien même [l’amour] serait-il aussi frêle que ces gouttes d’eau d’après l’averse tombant dans l’herbe du jardin. (Le regard bleu – Une histoire de bleu)
Là.
A portée de mains, croirait-on.
Là, à peu de chose près. (…) On a du bleu auprès de soi. (Une incertaine église – Une histoire de bleu)
Les femmes aux yeux noirs ont le regard bleu.
Bleue est la couleur du regard, du dedans de l’âme et de la pensée, de l’attente, de la rêverie et du sommeil.
(…)
Nous rêvons d’une terre bleue, d’une terre de couleur ronde, neuve comme au premier jour, et courbe ainsi qu’un corps de femme. (Le regard bleu – Une histoire de bleu)

Tu fus la plus bleue dans ta robe.
(...)
Mais déjà la nuit dépliait ses velours. Des essaims d'abeilles revenaient du large, un peu de bleu collé aux pattes.
Il était grand temps de mourir. (Adresse au nageur – Une histoire de bleu)
Texte "Une histoire de bleu" de Jean Michel Maulpoix nrf Poésie/Gallimard et peintures 1893 de Georges Lacombe, 1888 de Frederick Childe Hassam, 2009 de Bridget, 1952 de André Matisse et 1889 de Henri de Toulouse-Lautrec.
19 juin 2009
Repeindre les jours de couleur
rose
flickr de indierocket
blog d' Alicia Bock - Love Double Coat Hooks - Toast Home
En Charente-Maritime, une nouvelle vie en douceur - Mark Eden Schooley pour mc maison
The Selby
Eden ritrovato a Firenze - Mads Mogensen pour mc maison
flickr de island gardener
Peinture -La femme endormie- de Jules Pascin
A voir... repeindre les jours de couleur... derrière ma porte sur Flickr.
27 mars 2009
Le sud ou la couleur en liberté au port de Collioure
Le sud… ce fut dès ma descente du train, ma rencontre d’avec Laurence (maman fut sa maîtresse en 9ème A… oui, oui, Isas on disait 9ème !) et Nathalie (nos mères étaient maîtresses à NDA – Côte d’Ivoire) Attablées devant un mafé au poulet – attiéké et frites d’igname, nous avons aisément fait connaissance dans ce maquis (cantine africaine) de Montpellier. Le sud, ce fut une terrasse à 25°, ce fut un plateau de fruits de mer au bord de l’étang de Thau plongé dans le soir et ce fut au réveil, un petit déjeuner ensoleillé face à la piscine.
Le sud, ce fut Collioure, ancien village de pécheurs, se trouvant dans les Pyrénées Orientales. C'est en 1905 que Matisse vient peindre à Collioure, en compagnie de Derain ; ils produisent énormément, en utilisant "les couleurs qui sortent du tube" Les peintres avaient recours à de larges aplats de couleurs violentes, pures et vives, d’où la libération de la couleur et revendiquaient un art basé sur l'instinct.
Sous le pinceau de Matisse, le sable blond des plages vire bientôt au rouge, la mer aussi devient rouge, et le ciel, vert. Ses toiles se couvrent de grands aplats colorés* Le fauvisme est né.
André Matisse - La mer à Collioure - 1906
Le sud, ce fut un dîner près de Sigean chez Isas, une fille de Bouaké (à 400 km d’Abidjan) qui manie le pinceau sur toile et le couteau… en cuisine. Elle a eu la délicatesse de nous faire en guise de gnama gnamas (servis avec un punch), de l’aloco (banane plantain frite) ; ce sont nos petites madeleines de Proust… africaines. Et puis du rire, des souvenirs, encore des rires mais point trop de nostalgie, nous vivions le moment présent et c’est comme si nous avions encore dix ans, vingt ans. Laurence a fini par nous tirer les cartes, nous avions de beaux jours devant nous…
Le sud, ce fut une marche dans le sable de la plage de Marseillan et du bavardage jusqu’au matin du lundi, jusqu’ à la gare, jusqu’à mon retour sur Paris où j’emportais dans mes bagages un peu de soleil pour les copines, de l’enfance africaine et surtout de l’amitié du pays de là-bas et du sud.
Texte et photos de caroline_8 ; d'autres photos derrière ma porte et Matisse et Derain* par Lunettes Rouges
26 septembre 2008
L'ocre sur les murs de Oualata
Sur la piste transsaharienne, les caravaniers et les lettrés appellent Oualata, ville de Mauritanie : "le rivage de l’éternité". Toutes les façades à étages sont richement colorées. Les décorations murales, de couleur pourpre sur fond blanc ou blanc sur fond d’argile rose, sont réalisées et entretenues par les femmes.
Ici à Oualata, ce sont les femmes qui peignent les tarkhas. Il y a beaucoup de pudeur derrière ces tableaux. Quand arrive une fête, par exemple la fin du ramadan, on embellit la maison de tarkhas. On la décore aussi quand le retour de quelqu’un est annoncé. Les hommes aiment ça. À cette période, ils rentrent et presque toutes les maisons sont décorées -En attendant les hommes- de Katy Lena Ndiaye Webzine
Pour la réalisation de ces peintures murales, les hommes appliquent sur les murs un mélange de bouses de vache, d'eau et d'argile rouge. Ils préparent ensuite le banco blanc : un mélange d'argile, d'eau et de sel. Ce mélange est appliqué aussi dans les chambres et pour l'emplacement des décorations. Les femmes peuvent ensuite dessiner leur motif personnel sur le banco blanc.
Avec un doigt, une femme étend alors de la couleur terreuse rouge foncé, abondante dans la région, pour créer une décoration intriquée en filigrane. Le nombre des motifs sur les murs et autour des portes et des fenêtres varie selon l'utilisation de l'espace ou de la pièce. Les locaux des serviteurs et les pièces réservés aux tâches domestiques, comme la cuisine, ne sont ornés que de dessins simples, dans des teintes légèrement ocre, tandis que les pièces principales, telle la chambre à coucher, ont des décorations élaborées de couleur rouge. C'est dans les cours intérieures que les femmes d'Oualata exécutent les décorations murales les plus étonnantes et les plus riches. -Tableaux d'Afrique- de COURTNEY-CLARKE Margaret aux Ed. Arthaud *
Des mains qui malaxent l’argile, jouent avec des cailloux sur le sable, des mains qui en peignent d’autres au henné, versent le thé, tracent des lignes géométriques sur les murs ocres de la ville. Du bout des doigts, elles tracent des courbes sur les murs comme s’il s’agissait d’une autre forme de discours, pudique mais en même temps, libre et sans contrainte. -En attendant les hommes- de Katy Lena Ndiaye Webzine
Photos 1, 2 et 5 site de Pascal Meunier. Photos 3 et 4 du flickr de cormorem2008
19 septembre 2008
Terre d'ocre et des poussières
Pour Sa Marraine la fée et les ocres de son été
Ce terme englobe un grand nombre de couleurs, du jaune profond au rouge sombre. Ce sont toujours des tons chauds, mais la simple indication de "teinte ocre" est largement insuffisante pour se faire une idée de la couleur désignée.
badigeon, ocre jaune, enduit, patine, glacis,
colorant, terre de sienne calcinée, lasure, teinte,
ocre rouge, tadelakt, terre d'ombre naturelle
Il est une porte par où tous les Beliyan, ceux qui viennent de l'ocre, passent de l'invisible au visible... (la tête enserrée d'un disque de raphia et couverts de boue ocre) *
Sources: rouge & ocre * Wanbobo * Sanguine * outsider * Laawol Thiabedji * Niger village *
05 septembre 2008
A la fenêtre de Tanger
Le 27 janvier 1912, Henri Matisse s'embarque à Marseille en direction de Tanger. A cette époque, il ne cesse de douter de lui-même et a besoin de se mettre à l'écart, loin de Paris ; il attend de la civilisation arabe une leçon de vie, une sérénité, l'art de dire beaucoup en peu de mots. Le voyage que Matisse effectue au Maroc est, avant tout, un voyage intérieur. Dès son arrivée à Tanger en janvier 1912, la pluie incessante le contraint à se cloîtrer dans sa chambre durant un mois. Il regarde alors par la fenêtre… "comme c'est neuf aussi et comme c'est difficile à faire avec du bleu, du rouge, du jaune et du vert... "
Paysage vu de la fenêtre 1912-1913 La porte de la Casbah 1912-1913
Vue de la fenêtre et Porte de la Casbah: couleurs posées sur la toile sans la recouvrir entièrement, refus du modelé, coups de brosse laissés visibles, utilisation de couleurs crues. Vue sur la baie : de grands plans géométriques, peinture rugueuse, représentation simplifiée.
Vue sur la baie de Tanger 1912 - Henri Matisse (1869-1954)
"Le beau temps est venu, quelle lumière fondue... " Matisse peint un ensemble de paysages dans le jardin luxuriant de la Villa Brook. "Une création spontanée comme une flamme dans un élan. Mon esprit était exalté par les arbres très haut dans le ciel, la masse verte et somptueuse des acanthes et par l'espace lumineux qui réunissait ces deux forces" Le peintre dit le luxe du calme, le plaisir des choses simples, la philosophie de l’immédiat, l’émotion ressentie de l’atmosphère. Matisse se sent en harmonie avec lui-même et le pays; il réalise de grandes toiles ambitieuses, notamment des portraits.
La palme Villa Brook Zorah sur la terrasse Le rifain assis
Matisse a la certitude que la peinture n'a pas pour but de copier la nature, mais qu'elle doit illuminer l'espace autour d'elle, comme le fait un tapis ou un mur de céramique. Entre 1920 et 1930, il revient à une forme de peinture plus traditionnelle.
Odalisque à la culotte rouge 1923 - Henri Matisse (1869-1954)
Les odalisques que Matisse brosse comme on tisse un tapis. Les jeunes femmes se fondent dans le décor qui possède la même valeur que le sujet. Un moucharabieh, un panneau de carrelage, une tenture ont la même présence que le vêtement, la chair du personnage.*
"Je veux un art équilibré et pur, qui n'inquiète ni ne trouble. Je veux que les hommes épuisés et fatigués jouissent du calme et du repos devant mes tableaux"
*Texte inspiré du document PDF -Matisse, Lignes et couleurs du Maroc- et CLIC sur les tableaux pour les agrandir.
19 juillet 2008
Des fleurs
Janet Hill peint des intérieurs coquets, des cuisines, des chambres, des salles de bain; toutes ces pièces sont fleuries et lumineuses. Elles peint aussi des filles et des... chaussures très girlies. Découvrir ces instants de fraicheur sur son blog The Evening Picture via le blog de Lali.
09 mai 2008
Le soleil est au bord de ma fenêtre
Depuis quelques jours, le soleil du mois de mai frôle, de ses doux rayons, la fenêtre de ma chambre que j'ai toute briquée pour l'arrivée du printemps. Pendant de bien belles minutes, la vie parait plus gaie et chaleureuse que jamais. Je ne suis pas la seule à profiter de ce spectacle, de la senteur des fleurs du cytise et de la lavande, un bourdon dodu, noir et jaune, butine à qui mieux mieux.
Aujourd'hui, le soleil n'était pas seulement à ma fenêtre, mais aussi au bord du canal Saint Martin où j'ai goûté au sirop d'orgeat avec une belle personne aux cheveux couleur des blés. Nous avons fait provision de bonnes ondes et c'est le coeur gorgé de soleil que nous avons regagné l'une son bazar, l'autre ses fenêtres.
10 mars 2008
Au wadi Sura, la grotte des Nageurs
Site, découvert par Laszlo de Almasy en 1933, au pied d'une falaise de la face ouest du Gilf Kébir.



















































