fenêtres sur la cour

15 juin 2007

Dans la cabane d'un poète en exil

Difficile de construire la maison d’un poème,
construire sa cabane
ou lui donner une patrie.

Nous, ceux du sphynx cassé,lapo2897
nous n’avons pas de maison,
ni patrie, ni cabane ;
nous, sur la plage,
nous réchauffons simplement un poème
dans les nuits de froidure.

Quelquefois, nous aimerions trouver
un foyer allumé, prendre un café
et toucher le petit doigt de Dieu.
Quelquefois, on aimerait donner un enfant au poème
ou ravauder le vers d’un violon
pour faire une symphonie
là où nous volons un baiser au poème
avant de nous coucher dans les vers.

Ah ! pas facile de faire rêver le poète.

Extraits de La palabra ardiente de Francisco Azuela - Mythe sans voix et Image du site de photos de Jef Maion stock.

Posté par caroline_8 à 07:50 - Les mots
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14 juin 2007

Les petites cabanes aux oiseaux

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Posté par caroline_8 à 12:17 - L'entre deux
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11 juin 2007

Ensembles dans nos cabanes

cabane_1Il y a quelques temps, Béatrix et moi avons eu une conversation sur nos thèmes futurs et il s'est trouvé que nous avions chacune l'intention d'écrire sur les cabanes... Béatrix étant déjà prête, il fut convenu qu'elle publie -De  ma cabane perchée au loin- Béatrix, c'est de l'enfance, de la poésie, des couleurs pastels et beaucoup de rêverie. De nos différentes cabanes, nous serions dans la communion de l'écrit...  je devais poster plus tard.

Le plus tard, c'est éternisé; je n'étais pas prête, en pleine réflexion... mais son billet de -Sous un arbre de Judée: la cabane dans l'arbre d'Alice- et après la lecture des textes de Gaston Bachelard offerts par la même Béatrix et surtout avec la conviction que je suis parvenue, enfin  à la bonne porte,  à la Cabane de l'Ecriture, tout cela m'incite à publier mes cabanes; poussons la porte, car -L'écriture traverse tout, même les portes fermées-

Ne pas manquer de lire, le très beau texte de Angèle Paoli sur Terres de Femmes: ses mots sur la cabane sont émouvants et nous avons tous vécus, un jour, dans ce temps où Enfant, elle adorait les cabanes. Et j'allais oublié l'intéressant  billet de Florizelle sur -Les chateaux de cartes- qui sont eux aussi des cabanes...

Posté par caroline_8 à 06:25 - En aparté
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L'enfance dans les arbres

cherry         2005mad

cat         2004laurel

CLIC sur les peintures à l'huile, tirées du site du peintre Kurt Solmssen, site trouvé chez Lali.

Posté par caroline_8 à 06:24 - L'entre deux

08 juin 2007

On n'emporte pas sa case en voyage

Akwaba. Bienvenue. Sur le quai de l’ancienne gare coloniale, à Dakar même, les voyageurs s’entassent. Le train devrait bientôt partir et présentement le quai est comble. Une fois par semaine, le train bleu couvre les 1200 kilomètres qui séparent les capitales du Sénégal et du Mali.

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Le train, alimenté au diesel, quitte péniblement. Dakar et sa banlieue s’éloignent pour peu à peu laisser s’installer la brousse, les champs de sorgho, d’arachide, les couleurs chatoyantes du Sahel et le charme du monde rural. Le train de métal bleuté, imposant, roule sur deux malheureux rails posés à même le sol, en friche. Vestiges de l’époque coloniale, c'est avant avant, les wagons affichent encore les lignes ferroviaires des banlieues françaises même.

02

A chaque arrêt dans une gare, le train est assailli par une nuée de vendeurs ambulants qui passent le long des wagons. Des enfants portent sur la tête des seaux remplis d'une eau parfois trouble qu'ils vendent pour un peu l'arzent. On peut ainsi faire son marché sans descendre du train ; tout est vendu par la fenêtre : des oeufs, des fruits, du poisson séché, du bissap (jus de feuilles d'ibiscus), du riz en sauce mais aussi des tabourets en plastique, des éventails, des briquets, etc... En route, la prodigieuse lenteur de ce train nommé -Express- est une aubaine pour les habitants qui se précipitent, depuis les villages alentours même, aux fenêtres du train pour même chose pareil, vendre le jus de bissap, des régimes de bananes, des épis de maïs grillés, des tomates, des oignons mais aussi des pagnes et, bien sûr, du bouffement tels que le tiebudien ou le mafé.

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Des moussos, en boubous de toutes les couleurs, font salon, armées de théières et de bouteilles d'eau. Parmi elles, beaucoup de bana-banas qui font leur boucan, des commerçantes; ces femmes qui prennent régulièrement ce train, afin de vendre à Dakar les produits bon marché de Bamako, et inversement, ont de lourds bagages de produits cosmétiques, alimentaires ou textiles et plein de gnama gnamas. Le soir, certains battent le rythme et dansent dans le couloir. Puis c’est la contorsion générale et créative pour se positionner dans les fauteuils et dormir. Dans l’obscurité, le train traverse un feu de brousse et on perçoit la lueur des flammes qui lèchent les wagons.

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Le train s’arrête souvent. En plus de faire une pause à Thiès, Djourbel, Tambacounda, Oualia, Kita, le chef du train siffle deux longues haltes obligatoires : les passagers descendent faire tamponner leur passeport dans les commissariats de Kidira, pour quitter le Sénégal, et de Kayes pour signaler leur entrée au Mali. Des voyageurs palabrent accoudés aux fenêtres et regardent le paysage qui défile : brousse, terre rouge jusqu'à... on dit pas, falaises et, de temps à autres, de petits villages de huttes au milieu de l’immensité du Sahel.

13

Et, toujours, dans les couloirs, des musulmans prient sur leur tapis. Ces fervents pratiquants s’adonnent ainsi aux cinq invocations quotidiennes. Manière de rappeler aux toubabs pressés qu’ils arriveront si Dieu le veut. Car Lui seul sait quand. Et surtout Dieu est grand.

Abana. C'est fini.

Texte tiré du récit de voyage de Nathalie Rohmer et les photos du site de Damien Mousseau et celui de la BBC News

Je me suis amusée à remplacer certains mots du texte par des expressions typiques et courantes du parlé africain.

Posté par caroline_8 à 00:14 - Sur la route... encore
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04 juin 2007

Les fenêtres

la_fenetre_de_baudelaireCelui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n'est pas d'objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu'une fenêtre éclairée d'une chandelle. Ce qu'on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.

Par delà des vagues de toits, j'aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec presque rien, j'ai refait l'histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant.

Si c'eût été un pauvre vieux homme, j'aurais refait la sienne tout aussi aisément.

Et je me couche, fier d'avoir vécu et souffert dans d'autres que moi-même.

Peut-être me direz-vous : « Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ? » Qu'importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m'a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que suis ?

Charles Baudelaire -XXXV. Petits poèmes en prose- 1862

Posté par caroline_8 à 05:34 - Les mots
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Des plantes et des pots aux fenêtres

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Clic sur les images prises sur le site des Editions du Marronnier

Posté par caroline_8 à 05:30 - L'entre deux


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