09 mai 2008
Le soleil est au bord de ma fenêtre
Depuis quelques jours, le soleil du mois de mai frôle, de ses doux rayons, la fenêtre de ma chambre que j'ai toute briquée pour l'arrivée du printemps. Pendant de bien belles minutes, la vie parait plus gaie et chaleureuse que jamais. Je ne suis pas la seule à profiter de ce spectacle, de la senteur des fleurs du cytise et de la lavande, un bourdon dodu, noir et jaune, butine à qui mieux mieux.
Aujourd'hui, le soleil n'était pas seulement à ma fenêtre, mais aussi au bord du canal Saint Martin où j'ai goûté au sirop d'orgeat avec une belle personne aux cheveux couleur des blés. Nous avons fait provision de bonnes ondes et c'est le coeur gorgé de soleil que nous avons regagné l'une son bazar, l'autre ses fenêtres.
07 mai 2008
Note de lectures 17
-Alabama song- de Gilles Leroy aux Ed. Mercure de France. Livre voyageur venant de chez Clarabel et passé par chez Lily et ses livres; biograpghie imaginée de Zelda Fitgerald. Gilles Leroy s'est glissé dans la peau de Zelda, au plus près de ses joies et de ses peines. Pour peindre avec une sensibilité rare le destin de celle qui, cannibalisée par son mari écrivain, dut lutter corps et âme pour exister... (note de l'éditeur) Comment ne pas éprouver du mépris envers le grand Scott, figure du mâle impuissant, sûrement pas loin de la triste vérité et comment ne pas éprouver de la peine devant la Zelda flouée devenant folle. On ressort de cette lecture complètement secoué!
-Le journal de Yael Koppman- de Marianne Rubinstein aux Ed. Sabine Wespeisser. Lecture entreprise car l'auteur y parlait d'Angelica Garnett, fille de Vanessa Bell, elle-même soeur de Virginia... Woolf. Et je ne l'ai lu uniquement dans l'esprit de découvrir un peu plus Vanessa Bell (sur laquelle j'ai promis de faire un billet) Rien appris de plus ayant moi même lu les livres d'Angelica Garnett. Cela reste une critique, à travers la vie d'Angelica, de celle de ces enfants des années 70 curieusement frustrés que leurs parents n'aient pas renoncé à leurs utopies. J'ai beaucoup aimé l'avis de Lily et comme le dit Clarabel, c'est une lecture distrayante.
De l'intérieur 27
J'ai construit ma maison comme un jouet et j'y joue du matin au soir.
Pablo Neruda (1904-1973)
05 mai 2008
Des terres imaginaires
- J’ai possédé une ferme en Afrique, au pied du Ngong - Phrase mythique de "La ferme africaine" de Karen Blixen… Et bien non, je ne vais pas vous emmener dans ma chère Afrique. Mais je pourrais commencer mon texte, sur mon jardin imaginaire, comme ceci : je possède une ferme en Amérique du Sud, au pied du volcan Osórno. La ferme se situe dans la région de Los Lagos au Chili ; le volcan Osórno est le jumeau du mont Fuji et domine le lac Llanquíhue et celui de Todos Los Santos.
La chacra de Don Lúpercio se trouve à 6 Kms de la ville, au bout d’un chemin de terre bordé d’une rangée de hauts peupliers. Ce chemin fut dessiné et créé par Lúpe et ses fils, charriant terre et graviers, pendant l’été 68. Sur le terrain de 12 hectares, s’élève une maison de bois au toit de tejuelas, sur le côté s’étend le potager près d’un puit avec son château d’eau ; pendant l’enfance de Jaime, la ferme possédait des vaches, des moutons, des poules, des cochons et un cheval. Cette période est bien révolue, la vie s’est accomplie et maintenant Don Lúpercio et Doña Juana reposent à Río Negro. Et c’est ainsi que Jaime et ses cinq frères et sœurs héritèrent de la chacra familiale.
En attendant de nous y installer et de cultiver des copihues, de nous faire appeler Don Jaime et Doña Carolina, poussons la barrière du corral, filons jusqu’à Puerto Montt où nous embarquons pour la région d'Aisén. Et c’est là que commencent mes terres imaginaires – Il pleut là-bas de mille manières : rafales mugissantes tombées d’un ciel noir, intarissables sanglots célestes (…) Parfois le déluge se déchaîne pendant quarante jours et quarante nuits. On ne sait plus d’où viennent les pleurs - Francisco Coloane -Le passant du bout du monde-
A l'Est, les plaines et les plateaux sont bordés par la Cordillière des Andes, à l'Ouest elles plongent à pic dans l'océan. La voix du vent s'y fait entendre toute l'année – Le vent mugissait sur la plaine gelée, soulevant des nuées de neige qui voilaient l’horizon, telle une mer démontée dont les vagues éclateraient au loin en gerbes cendrées - Francisco Coloane -Le cap Horn-
Vers l’intérieur du pays, se trouvent des steppes, où vivent des guanacos, des nandous, des renards et des pumas. Dans cette zone, se développe l’élevage de moutons et de bovins dans les haciendas. On ne peut se déplacer dans ces vastes horizons qu’à cheval – Un cavalier était la seule aspérité qui déchirait les draps du vent, la plaine infinie - Francisco Coloane -Le passant du bout du monde-
Voilà mon rêve, celui de vivre dans une hacienda, dans les terres australes du Chili, au milieu de nulle part ; la pluie, le vent et l’herbe drue seraient les seules fleurs de mes terres – (…) une vallée grandiose, dont les herbages divisés par le vent faisaient songer au fin pelage d’une loutre sillonné par le souffle du fourreur - Francisco Coloane -Tierra del fuego- Avec pour seuls compagnons, les mots du poète :
Je prends congé, je rentre
chez moi, dans mes rêves,
je retourne en Patagonie
où le vent frappe les étables
où l'océan disperse la glace.
...
Si je devais mourir cent fois,
c'est là que je voudrais mourir
et si je devais naître cent fois
c'est là aussi que je veux naître
près de l'araucaria sauvage,
des bourrasques du vent du sud
et des cloches depuis peu acquises.
Pablo Neruda -El canto general-
Texte de caroline_8 et avec les mots de F. Coleane et P. Neruda, pour Les jardins imaginaires de Vanessa et ainsi faire partie des Passeurs.
02 mai 2008
Ombres sur la mer
Depuis de nombreuses années, mon père n’avait plus le pied marin ; il était rentré au port et s’était amarré à cette terre parce que ses enfants y étaient installés, mais son souhait aurait été de finir sous la terre rouge et humide de là-bas, de là où il avait construit sa vie d’homme. Et c’est ici, que les épreuves de santé ont commencé et tout dernièrement, la lecture, le cinéma, l’écriture se dérobèrent à ses yeux ; il perdit la vue et beaucoup d’intérêt pour la vie. La musique resta sa seule et dernière distraction.

Quelqu’un me demandait si mon père lisait mes écrits, s’il lisait "Fenêtres sur la cour" et donc, si nous pouvions partager le plaisir des mots écrits et lus. Il n'en a aucune idée... Un voile gris nous sépare, il ne me voit plus; la cloche peut toujours tinter, il ne l’entend plus, il ne m’entend plus. Communiquer, dans ces conditions, n’était déjà pas aisé mais impuissant à bien se nourrir et affaibli par une mauvaise toux, mon père ne trouve du [ré] confort que dans les bras de son lit.
Tout doucement, la brume s’épaissit et la mer se retire... malgré ma main tendue qui ne retient rien. La musique, ce qu'elle est: respiration. Marée. Longue caresse d'une main de sable. Christian Bobin -Souveraineté du vide-
Texte écrit de caroline_8 et peinture de Andrew Wyeth -Combers- 1979
30 avril 2008
Le printemps est venu : comment, nul ne l'a su!
Le cerisier en fleurs du Jardin des Plantes. En attente de déjeuner d'un tagine à la Mosquée de Paris. Les zelligs de la fontaine à la Mosquée de Paris. Les tulipes jaunes et une porte. Les fleurs d'oranger au Ménélik.
28 avril 2008
Un vent d'Afrique souffle sur Paris #2
Lors d’un bien sympathique dîner, avec des amies blogueuses, dans ce restaurant éthiopien du nord-ouest de Paris, où l’on devait pratiquer le difficile exercice de transgresser aux bonnes manières : celui de manger avec ses doigts… Oui là, bien entourée d’une fée marraine et de qui tient son petit bazar, j’ai vu arriver celle qui est comme elle est : Vanessa ! Et en mains propres (nous n’avions pas encore eu le bonheur de transgresser…) elle m’a remise mon colis swap !
Quelle surprise de voir ainsi le messager d’Afrilire me remettre mes cadeaux, très vite déballés sous les yeux intéressés des deux grandes voyageuses que sont Delphine et Hania. Ainsi, sur notre table, tout le Sénégal que je connais un peu, pas autant que mon pays d’enfance : la Côte d’Ivoire, s’est offert. Un pays dont je suis curieuse de découvrir et d’aimer les sables et le vent chaud, d’avoir "Le goût du Sénégal" par des textes choisis de Pierre Loti, Albert Londres, André Malraux, Blaise Cendrars, Catherine N’Diaye, Aminata Sow Fall entre autres. Comme dans un miroir "De l’autre côté du regard" de Ken Bugul, le dialogue entre une fille et sa mère morte, seul compte leur vérité propre et la vie. Et suprême faveur pour m’exercer aux mots du poète Léopold Sédar Senghor : son "Oeuvre poétique" dont Chants d’ombre, Ethiopiques, Poèmes perdus (1906-2001) et un petit "Journal de route" par Damouré Zika, le périple de l'ethnologue Jean Rouch, le long du fleuve Niger en 1948-1949.
Accompagnaient ce festin de reines… d’Afrique (la reine de Saba, entre autres) comme de petites "mises en bouches" (mots favoris de Vanessa) un petit singe vert de perles (réplique de Bamboula, le singe de mes cinq ans) un marque page et sa marche des éléphants, une carte d'hommes colorés et porteurs des mots chaleureux de Vanessa et surtout chère à mon cœur, de la terre d’Afrique, de la terre rouge du Kenya; plein de gri-gris, comme j'aime!
Tiken Jah Fakoly -Un africain à Paris- 2007
Un peu plus tard, les trois Reines parées de leur collier de fleurs d’oranger, originaire du quartier indien où j’habite, ces africaines d’une soirée et moi-même avons transgressé avec délectation… les doigts dans la sauce, nous sommes devenues des gadies. (filles ext amies re-ext chéries) Je vous embrasse, les gadies.
25 avril 2008
D'une fin en queue de poisson
Prenez un bateau et munissez vous d'un hameçon
Vous obtiendrez une belle pêche!
Dans une poèle, faites frire “A Woman Frying Fish” - Hakob Hakobyan - 1962
Et pour ceux et celles qui salivent, faire un petit tour Un dimanche à la campagne, sur une Belle-Ile et goûter à un espadon grillé.
24 avril 2008
Dans des Bulles de vie
Deep beneath water
Live some lovely coloured fish
Swimming peacefully
Haiku fish dans le blog photos de Bulles de vie.
Sans une bulle
Merci à Fille bavarde qui est comme un poisson dans l'eau. Clic sur l'eau pour nourrir les poissons.



















