06 novembre 2009
Aller à l'essentiel...
Fenêtres sur la cour entame sa quatrième année d’existence et je me suis vue changée peu à peu au cours de sa création ; et c’est tant mieux. Aurais-je évoluée de la même façon si je n’avais, un jour du mois d’août 2006, appuyer sur la touche [créer votre blog] Pas sûre du tout !
Ainsi, je dois beaucoup à mon blog. Il m’a obligé à une certaine discipline comme la publication à envisager, le billet à écrire, l’étude de documents, l’utilisation des dictionnaires, chercher le bon mot, à aller à l’essentiel. C’est là où je veux en venir : l’essentiel comme la construction du moi par l’écriture parfois intime. Ce voyage intérieur donne un sens poétique, embelli et grandi à notre vie ; le récit confidentiel nous oblige à aller de l’avant, on découvre et accède à toutes ces richesses propres aux poètes et aux artistes. [Le blog] ce carnet de bord journalier n’est pas un exercice littéraire ; c’est un exercice qui fait parti de notre vie.*
L’écrit
çà arrive comme le vent, c’est nu, c’est de l’encre, c’est l’écrit, et
çà passe comme rien d’autre ne passe dans la vie, rien de plus, sauf
elle la vie. Écrire- M.Duras
Ouvrir mes Fenêtres sur la cour m’a fait avancer sur plusieurs fronts ; tout d’abord la relation avec les autres, elle s’est élargie et surtout simplifiée, elle est sans détour et tolérante. Le fait d’avoir ce style d’amitié m’a poussé à la rencontre lors de goûters de filles, dîner éthiopien et autres, expos et pique nique, déjeuner indien, une journée à trois et carrément quatre jours dans le sud au printemps puis quatre jours dans une cabane, cet automne. Ensuite toutes ces sorties m’ont redonné le goût de m’habiller, de me plaire, de nouveau penser à moi. La confiance revenue, j’ai franchi les portes de l’atelier, repris contact avec la création par les mots, les couleurs, les matières, les clichés.
L'ambition de cette nouvelle année… tout simplement j’ai envie de sourire, de rire, de vivre. Je préfère parler de joie plutôt que de bonheur, cela me fait moins peur, cela me semble moins complexe. Depuis quelques mois, j’ai entrepris tout doucement de m’alléger matériellement, de posséder moins d’objets, de trier pièce par pièce, tiroir après tiroir et de jeter papiers, livres et bibelots sans âme. Les années défilent de plus en plus vite et ce corps changeant à mes dépens, se rappelle à moi, ce corps dont je ne me suis pas soucié, plus préoccupée que j’étais par l’esprit, il me faut l’accepter et ce n’est pas facile… Une terrible envie de vivre hors du temps, quand on veut se libérer non seulement du poids des ans, mais des risques de l’avenir. Quand nous avons dépassé les pollutions du passé. Quand l’enfance est si lointaine qu’elle semble habiter une autre vie.**
Ce que je vois dans le miroir ne correspond aucunement à ce que j'ai à l'esprit... il me faut changer mon regard, il me faut vivre ma vie et non plus de la rêver. C'est là l'essentiel.
*Texte inspiré de "Un atelier de Journaux intimes" article en 1975 de Anais Nin sur la méthode Ira Progoff, ** texte de Jacques Salomé et pastel de Mary Beth McKenzie.
02 novembre 2009
J'ai eu envie d'une trace
Une
page pour y déposer des images et des mots. Quelques photos triées de
Derrière ma porte, conjuguées entre elles par la couleur ou le sujet,
soulignées de quelques mots, certains déjà écrits sous Fenêtres sur la
cour. Une présentation minimaliste, épurée. Saisir ce que je perçois et
non ce que je vois. Devenir la témoin des petits riens et autres
choses, des instants, des détails qui font toute la différence.
°
30 octobre 2009
Etiquettes d'un voyage imaginaire
Comme une suite au billet "du bagage et du voyage" et de celui de "On aurait dit que j'étais partie en voyage..."
***
Passeport en règle... attention au départ! Sortons de Paris, allons vers la mer, embarquons sur le premier cargo en partance pour l'Amérique du sud, l'Afrique... vers l'ailleurs; l'aventure extrême et la beauté du monde sont à nos pieds, chaussés de pataugas, sac au dos, nez au vent et le cœur palpitant, partons en voyage... vers les autres et vers la découverte de soi. Vers un port... son port.
Vintage Truck
Envie de reprendre la route, j'ai fait mes valises, j'ai préparé les cartes du voyage et j'ai ouvert la porte... sur le sable jaune du désert, rouge de la piste, dans le vent chaud des plaines, face au feu de brousse, sous le soleil des tropiques tout d'abord; après je suivrai le guide, dans les pas des aventuriers... jusqu'au bout du bout du monde.
Blog et Etsy de piajanebijkerk
douglasspics's flickr
Un rêve chimérique de partir, de voyager à la manière des années 50, lorsque les pays à visiter étaient encore vierges de touristes, d'hôtels **** et où l'aventure se trouvait au détour d'une ruelle, d'une dune et la découverte au détour d'une rencontre...
Katwood's flickr
Besoin de m'éloigner, loin du bruit et de la fureur du monde, fuir vers une immensité de dunes de sable, dans ce désert tant désiré dans mes rêves d'adolescente qui cherchait un lieu de refuge, de retraite, hors d'atteinte de cette société qui ne me convenait pas du tout.
Vintage Suitcase
A Passing Storm - 1876 de James-Tissot
Bon périple et envoyez moi des cartes postales de vos émotions... lorsque vous serez arrivés à bon port.
***
Texte, déjà publié, de caroline_8 , et comme une invitation au voyage... revoir les bagages enregistrés du Divan, ouvrir ceux bien particulers de Frida et deux étiquettes, ici et là, sur le Flickr de JJj.
28 octobre 2009
Suivez les traces...
Pour les Meerkat and CO, des chats noirs se sont infiltrés dans mes billets du mois de décembre 2008 et se sont installés au jour du 14/12 et du 19/12, celui du 24/12 , du 26/12 et du 29/12 et enfin du 30/12.
Je vous convie à une exposition intitulée "Mon ami, le chat" dans ma galerie Flickr, j'ai choisi 18 photos d'artistes comme *Louise*, La Trollette, nokolineir, Haust, les brumes, clumsy bird, ~~Pauline~~, Peter_Hasselbom, Calinore, The hill are alive, i.Anton. Cette fois-ci je n'ai mis aucune annotation, les photos se passent de commentaire et c'est par ici.
23 octobre 2009
Un dimanche d'octobre
comme un prolongement de ce dimanche-là
Le soleil était doux, la plage pleine de galets mais désertée par les vacanciers, le mois d’octobre sonnait le glas du remue ménage estival qu’elle avait toujours fuit. C’est au bord de l’eau que la mère avait décidé d’emmener ses deux filles. Juste une journée, juste le temps de quitter Paris et puis là, face à la mer, de prendre une décision pour l’année à venir ; elle se promit de rentrer sereine et déterminée à l’appartement.
L’eau moutonnante et violacée s’écrasait sur les rochers, inlassablement elle revenait à l’assaut comme une ritournelle lancinante : ce n’est plus possible... Plus supportable, cette peur de ne pouvoir faire, cette crainte de manquer de temps, cette pression pour toujours aller plus vite... Assez !
Les filles se sont éloignées; elle savoure et s’imagine enfin seule, pour un court instant, car elle sait que tôt ou tard, elles reviendront à la charge, au questionnement propre à leur âge, aux doutes, à leurs désirs si forts qu’ils occultent les siens. Là, elle se murmure lentement toutes ses envies, en fait une liste; pas de rêve insaisissable, pas de cabane dans les arbres, pas de retraite sur une île déserte... Non, juste les pieds dans l’eau, réfléchir à ce qui est bien pour elle.
L’eau fraîche encercle ses chevilles, effleure ses mollets, éclabousse le bas de sa jupe puis se retire un temps pour recommencer sa caresse maternelle... Ma petite, ma douce. Les filles discutent un peu plus loin, elles l’ont oubliée... Ce petit moment pour elle... Elle se tourne vers le large, la mer joue entre ses jambes et puis s’éloigne l’incitant à s’enfoncer plus en avant pour toujours sentir sa présence et son réconfort. Elle n’entend plus leurs conversation, ni l’appel des mouettes, ni même le crissement des vagues sur les coquillages. Elle n’entend que son cœur, tout gonflé par la joie de ne battre à nouveau que pour elle.
Ruisselante, le vent dans les cheveux, la mère sort de l’eau et sourit aux deux jeunes filles : il va bien falloir rentrer !
Sur le chemin de la gare, on ne différencie guère les trois silhouettes mais l’une d’elle confie aux deux autres que malgré les difficultés que cela génère, elle reprendra les cours à l’atelier.
Et en cette fin de journée, la mer a rejoint l’horizon.
La mère a atteint le sien.
Texte de caroline_8 et peinture de Sir Alfred Munnings; texte écrit pour Sol en Si sur le thème de l'eau.
16 octobre 2009
Comme un carnet d'inspiration
Voilà, je suis près du départ. Oui, je trouvé ma cabane non pas les pieds dans l'eau, mais en pleine nature. Une amie m'a très gentiment offert sa maison pour quelques jours et j'espère que ce séjour nous sera bénéfique à toutes les deux; au programme, dodo, promenade dans la campagne, feu de cheminée, confection de gâteaux et autres, photographies et écriture...
Je voudrais remercier toutes celles qui parcourent fidèlement les couloirs de cette maison et qui n'oublient pas de me laisser quelques mots, ce qui me touche souvent, me fait rire parfois; merci à vous toutes.
Je vous convie à une exposition intitulée "Comme un carnet d'inspiration" dans ma galerie Flickr, j'ai choisi 18 photos d'artistes comme jelens, Au fil de, koreana, me-jade, les brumes, dollydishclothes, semiplume, dailypoetic, Cinnamon, omoo, liivia s, fabienbarral, Louise, rogerejones, marig- et Art Nahpro et fait quelques annotations pour les accompagner. C'est par ici.
peinture Take Your Choice - 1885 de John Frederick Peto
12 octobre 2009
Vue de dos
d'une histoire de nuques et de versos sur le Divan.

Un pas de deux entre deux métros
Lire ou relire "Le mystère des toiles contre le mur" que m'avait déjà inspiré le Divan Fumoir Bohémien.
09 octobre 2009
Anais imprime "Winter of Artifice"
Comme un désir très fort de laisser une trace... On peut toucher la page que l’on a écrite (A.N)
[Décembre 1941]
(…) Macdougal Street, en face du Provincetown Theater. (…) C’était un studio éclairé par le haut, idéal pour le travail. (…) Il était ancien, de guingois, avec un plancher de bois irrégulier peint en noir, des murs peints en jaune. (…) un grand bureau et un divan. Trente cinq dollars par mois.
[Janvier 1942]
La presse va être livrée 144 Macdougal Street. Nous sommes partis chercher du papier. Nous avons découvert les fins de série, de petites quantités de papier que les grosses maisons d’édition ne peuvent utiliser mais qui sont idéales pour nous. Du bon papier. Nous avons acheté des caractères.
(…) Il faut encrer à la main, de sorte que lorsque Rango actionne la pédale, je me tiens prête avec l’encre et le chiffon. (…) Cela signifie que l’on met la plaque de cuivre sur un support d’un pouce d’épaisseur, on la serre dans le châssis, on passe l’encre soigneusement sur la plaque, on tire une gravure, on nettoie la plaque et on recommence. Trois cents gravures. La lenteur de la typographie me fait analyser chaque phrase et resserrer le style.
"Anaïs Nin printing - 1944" sur le flickr de dici avec son aimable autorisation
(…) La relation avec un métier artisanal est belle. On est lié de manière corporelle à un solide bloc de lettres métalliques, au poids des formes, à l’adresse des espacements, au rythme et à l’humeur de la machine.
(…) On peut toucher la page que l’on a écrite.
(…) Les mots qui sont d’abord apparus dans ma tête, (…), prennent corps. Chaque lettre a du poids. Je peux à nouveau peser chaque mot pour voir si c’est le mot juste.
Je me sers de boites à savon en guise de rayonnages, pour y ranger les outils, le papier, les encres. J’arrive chargée de vieux chiffons pour la presse, de vieilles serviettes pour les mains, de café, de sucre.
[Avril 1942]
Prenez dans la boite la lettre e, placez-la à côté de d, puis une virgule, puis un espace, et ainsi de suite.
Comptez page 1, 2, 3, et ainsi de suite. (…) Je rencontre des difficultés pour couper les mots.
(…) Tandis que je compose les pages d’un livre, j’écris déjà un autre livre.
"Winter of Artifice" sur le flickr de Photo2217 avec son aimable autorisation
[Winter of artifice] a été terminé le 5 mai. Rango et moi avons imprimé la couverture. (…) Nous avons fini par trouver un relieur qui accepte de relier trois cents livres d’un format inusité. Le tout fut livré, relié, le 15 mai [1942] Le Gotham Book Mart donna une réception en cet honneur.
Texte tiré du "Journal 1939-1944" d'Anais Nin, gravures de Ian Hugo et l'histoire de Frances Steloff et "The Gotham Book Mart" * et The Story Of My Printing Press sur Poetry Library *
05 octobre 2009
Avoir les pieds dans l'eau, seule, seule, seule...

1. Untitled, 2. Untitled, 3. Untitled, 4. |
De l'album il était une fois... sur mon Flickr
28 septembre 2009
"Summertime #12"
Je suis en retard, je suis en retard et comme Sa Marraine la Fée hors délai, je vous présente mon Summertime #12 organisé par Mulot, pour Sol en Si, qui demande une photo de notre weekend mis en parallèle à une œuvre d'art, placé sous le thème de l'eau et de l'accompagner du lien ou de la bannière de l'association "L'eau pour Sol En Si"
Theo Van Rysselbergue + caroline_8
pour Sol en Si
NB/ il n'est jamais trop tard pour bien faire...





















