fenêtres sur la cour

ce sont des mots poétiques et de belles images, des traits noirs et de la couleur, des sentiments au goût épicé, des brins d’herbe sur une page blanche, de l’écrit intimiste et des paroles voyageuses dans un tableau de la vie.

11 septembre 2009

Zelm à Caddo Lake

J'ai découvert et aimé les portraits de Zelma sur le flickr de photographies de Texas Fight! le sourire de Zelma avait déjà illustré le billet de "L'été dans un grand éclat de rire". De 1930 à 1949, elle allait en vacances à Caddo Lake.


summer_1947

Summer 1947

Les alentours de Caddo Lake sont verdoyants avec des forêts, des lacs et des cascades. La cité vit au rythme des échanges avec Jefferson, à une quarantaine de kilomètres de là. Seul port au nord du Texas, Jefferson est une escale pour les bateaux à aubes, dont les pales giflent l'eau boueuse, défilant le long des berges sur lesquelles s'épanouissent des sassafras, des micocouliers, des pacaniers, des prairies où paissent des angus, ces bovins à robe noire. Les lourds vaisseaux qui glissent sur le Mississippi, ce boulevard liquide des États-Unis, empruntent ensuite la Red River en traversant le Caddo Lake
(Ext du livre Texas)


Caddo_Lake_1940_s

Caddo Lake 1940


C'est un beau jardin d'eau de bayous, de cyprès, de barbe espagnole, de lotus et de lys d'eau. Beaucoup de belles maisons et de restaurants se situent sur le lac Caddo et le Grand Cyprès Bayou.(Ext du site Jefferson-Texas)


Summer_1949

Summer 1949

Ce furent de belles années et Zelma respirait la joie de vivre! 

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09 mars 2009

Dans la case de Laurence

Depuis l’automne et mon dernier billet sur Korékro 57 #2, je m'étais éloignée de ce pays de l’enfance, d’une part parce que je ne suis pas constamment nostalgique de mon enfance et de ce lieu si particulier qu’est l’Afrique et puis, parce que je retrouve depuis peu le contentement de la création par le pinceau et les couleurs dans l’atelier et la mise en images de mon travail. Tout à ce nouveau divertissement, j’avais occulté inconsciemment sans doute, ce chapitre de mon histoire, peut être aussi parce qu’il me ramenait presque toujours à celle de mon père et que le travail du deuil s’est fortement fait ressentir tout ce long hiver.

la_case_de_laurencePourtant j’avais sur mon bureau, une pochette SNCF contenant un aller-retour pour le sud, pour une rencontre programmée depuis… on dit pas, pour enfin rattacher mes souvenirs à ceux d’une petite fille de 8-9 ans qui aurait connu  le même avant-avant que moi, en la personne d’une élève de 9ème, classe tenue par ma maman. Laurence revient d’un voyage au Burkina Faso (juste au dessus de la Côte d’Ivoire) et sur son blog Abidjan-Blues, elle raconte son périple avec d’immenses photos et on la suit, jour après jour, dans son immersion comme un bain de jouvence ; là, il m’a fallu reconnaître que l’émotion perlait à chacune des images et l'humour aux bons mots. Laurence nous offre une Afrique authentique et pareille même chose à celle des années 60/70, belle et sincère, pleine de sourires ; oui, cette Afrique là existe toujours… Il va faire bon m'y replonger.

A  la fin de la semaine, je pars rejoindre Laurence. Celle-ci m’a invitée pour quatre jours… dans sa case. Une enfance en Afrique, c'est pas commun ! C'est plein de soleil, de chaleur, de couleurs, d'odeurs, de plaisirs simples- Laurence dans Abidjan-Blues. Une rencontre qui promet d'être pleine de soleil et de plaisirs simples... et nous irons voir la mer.

Texte de caroline_8 (avec quelques expressions de là-bas) et photo de Laurence

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24 octobre 2008

Korékro 57 # 2

Début 1954, mon père F.  a pris en main une plantation de café de 100 hectares, à 25km de Bocanda… sur la route de Ouellé. On quittait la route de terre rouge latérite, on prenait une piste étroite qui montait à travers les caféiers et débouchait à 300 mètres sur les habitations de la plantation Korékro.

A notre installation, mon père dut débroussailler, avec l'aide de manœuvres, les lieux délaissés depuis longtemps. Il récoltait les baies dites cerises, les faisait sécher sur des terrasses de ciment, avant de les décortiquer à l’aide d’une machine sous les hangars et ainsi mettre en sac, les grains de café. La récolte étant insuffisante, il partait avec son camion Renault Galion dans les campements alentours et achetait aux paysans leurs petites productions. Il revendait le tout à de plus importants négociants.

korekro_57

Au cœur de la plantation de café, s’élevaient et s’étendaient notre maison, la boutique, le château d’eau et sa citerne, le poulailler et l’abri des chèvres, les habitations des manœuvres et les hangars pour le café. La boutique, toute petite pièce, était tenue par Touré qui vendaient aux paysans des campements, les produits de première nécessité comme le sucre, le savon, les allumettes, des cigarettes à l’unité, de l’huile de palme, des machettes, des lampes tempêtes.

Pour mieux se faire comprendre des paysans avec lesquels F. faisait du petit commerce, il avait appris le baoulé, la langue de l'ethnie Baoulé qui habite les savanes s'étendant entre le fleuve Bandama et le fleuve N'zi. Mon père s’était confectionné un dictionnaire des mots qu’il employait (aujourd’hui disparu dans les nombreux déménagements) Le matin vers 10h, les paysans voisins de la plantation s’asseyaient au milieu de la cour, certains dans l’attente de l’ouverture de la boutique, d’autres que ma mère les appelle à la porte de notre salle d’eau où elle donnait les premiers soins sur les plaies dues aux machettes, elle soignait aussi les maux de ventre et tous les petits bobos... Un jour, elle accoucha la femme de Touré, le boutiquier et mis au monde des jumeaux.

kor_kro_57_2

Et moi, malgré mes six ans, je me souviens bien de la couleur jaune du terre plein de la plantation, du vert sombre et luisant des arbres entourant la maison, des baies de caféier et des fèves de cacao séchant au soleil se couchant sur les cases des manœuvres, des hangars brûlants et poussiéreux, de la marmite de riz fumant sous l’estanco qui servait de cuisine à Touré,  de ces journées trop courtes où mon jeu préféré consistait à promener Bamboula, mon singe et à attendre la nuit tombée que Maman nous chante, assises sur les marches éclairées par la lune, face au jardin plongé dans le noir:  Le loup, la biche et le chevalier * ceux d'une chanson douce, La chasse aux papillons *, Le noël des petits santons *, Douce France *, Bonsoir madame la lune *. Le pays d'ici et celui de là-bas, l'enfance d'ailleurs, celle des flamboyants.

Texte et images de caroline_8

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02 août 2008

De la fantaisie avec David Wright

                   David_Wright

Laissons entrer un peu de légèreté, de fantaisie  avec l'icône du glamour britannique, David Wright, illustrateur (1912-1967) via le blog de ana lee.

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30 juin 2008

De la fantaisie avec René Gruau

                gruau

De sincères mercis pour vos beaux commentaires sur Avec le temps, va... Laissons entrer un peu de légèreté, de fantaisie  avec l'icône de l'élégance française, René Gruau, illustrateur et affichiste (1909-2004) via le blog de ana lee.

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23 juin 2008

Les belles années 50

collage1

Quelques affiches de l'année 1951 aux USA, un bon cru... trouvées sur le flickr de Gatochy.

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12 mai 2008

Les histoires d'amour finissent mal... en général

Afterglow     Castles_of_Sand

Nurse_into_Woman       Spotlight

                      I'll take romance sur le site de thombeau59

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28 septembre 2007

Korékro 57 #1

Février 57,  fin de notre voyage sur le Brazza. A la terrasse de l’Hôtel du Parc au Plateau, quartier central d’Abidjan, Jean P. ami de mes parents, nous a fait découvrir à Isabelle, 2 ans et demi et moi, cinq ans, le lait fraise avec une paille. Nouveau goût, nouvel environnement et puis demain nous prenons la route pour rejoindre notre père.

Assises à l’arrière de la 2CV camionnette sur nos cantines, nous avons bien supporté les 350 kilomètres de routes et pistes : nous étions si jeunes. Pour l’instant, ma principale préoccupation est de retrouver mon père que je n’ai pas vu depuis presque trois ans. Sous une apparence très sage et calme, j’ai l’esprit troublé : vais-je le reconnaître ? Comment vais-je faire avec cet homme que l’on me dit être mon papa ? Lorsque la 2CV, après avoir quitté le chemin qui montait à la plantation, s’est arrêté sur le terrain jaune de soleil et de chaleur, face à une longue maison, une silhouette maigre et habillée de couleurs claires s’est avancée et lorsque les deux portes arrières se sont ouvertes, j’ai couru vers elle… tout naturellement. Dans la grande pièce à vivre, sombre et fraîche, avec appréhension et dans l’attente de sa joie, ma reconnaissance, je lui ai offert un livre très imagé sur des fleurs et des plantes d’Europe que j’avais choisi dans la librairie de ma grand-mère. Il fut peu expansif, comme à son habitude…

kor_kro_2

A mes yeux d’enfant, la plantation apparût comme un paradis, plutôt vaste où je fus libre de me déplacer seule et de découvrir les caféiers vert sombre, entourant la maison, égayée par les fleurs blanches de deux frangipaniers, de quelques palmiers à huile, d'orangers dont les petits fruits jonchaient le sol - complètement vidés de leur jus par les singes - et parfumée  à l’arôme des goyaviers. A l’intérieur, des pièces nues aux fenêtres – de simples ouvertures – que l’on fermait verticalement à l’aide de volets à lames peints en vert très doux, au sol de ciment et aux murs blancs, meublées en bois d’acajou brut.

Mon père F. vivait entouré de quatre chiens de brousse qui répondaient aux noms de Rita, Dora, Kroukrou et Karamo ; trois chats allaient et venaient, sans prendre de place affective. Hors de la maison, il y avait des poules et des pintades, des moutons, des  chèvres et leurs cabris, deux cochons Nestor et Aglaé et dans cette arche de Noé, l’amour pour les animaux allait grandir en moi, d’autant plus que mon père allait bientôt me donner, comme compagnon de jeu, un petit singe vert.

Une nouvelle vie commençait, sur cette plantation ; un séjour qui  durera presque deux ans et qui représentera à mes yeux, mon enfance africaine.

Texte et image de caroline_8

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01 juin 2007

Sur le Brazza 57

Il fait nuit, nous sommes le 15 février 1957, sur un quai de gare à Paris ; j’ai cinq ans, nous prenons le train pour Bordeaux, Maman, ma sœur Isabelle et moi. Nous rejoignons mon père F. en Afrique, après un séjour prolongé en France. Nous passons la nuit, ma sœur et moi sur la même couchette du bas faiblement éclairée d'une veilleuse.
De Bordeaux, je ne me souviens que du taxi qui nous amène au port. Puis tout à coup, nous sommes au pied d’une énorme coque noire sur laquelle est écrit en grosses lettres blanches : BRAZZA… je sais lire depuis peu. Tout me paraît démesuré, la passerelle qui oscille et par laquelle nous montons, les longues coursives blanches et vivement éclairées qui nous mènent à la cabine qui, elle est petite et bas de plafond. Quant à l’unique hublot rond, il ressemble au couvercle d’un bocal de confiture avec une grosse poignée de cuivre.

brazza

C’est le départ, nous sommes sur le pont du Brazza, paquebot de la Compagnie Maritime des Chargeurs Réunis et il est 17 heures ; la sirène fait retentir deux longs mugissements et le bateau se sépare du quai tout en douceur. Les personnes deviennent minuscules et c’est la longue remontée de la Gironde…

Au réveil, devant mes yeux, les vêtements accrochés à la patère se balancent bizarrement, ils glissent lentement à gauche, puis lentement à droite ; ils se décollent de la paroi, puis se plaquent à nouveau sur elle. J’ai comme un léger mal au ventre. La mer est démontée, la proue du bateau pique du nez et remonte vers le ciel. De grosses vagues déferlent sur le pont avant, d’autres se brisent sur la coque, jaillissent en gerbes d’eau et retombent en pluie. Nous sommes dans le Golfe de Gascogne, en pleine mer. A midi, l’immense salle à manger n’est occupée que par quelques téméraires. Au cours du repas, les tables se vident. Au dessert, il ne reste plus que nous trois. (Et c’est vrai !)

Les après-midi, Isabelle et moi, nous nous joignons à d’autres enfants dans une salle de jeux où des moniteurs organisent toutes sortes de distractions et un goûter. Certains soirs, après le dîner, il y a cinéma pour les très grands. Maman nous y emmènent, au fond de la salle pour ne pas déranger, en robe de chambre et juchées sur un buffet, nous dominons l’assistance d’adultes… nous sommes les seules enfants. Après les dessins animés et pendant le court entracte, Maman nous ramène à la cabine, nous couche et repart voir le film. Ma sœur s’endort vite, mais je songe encore à la soirée, excitée et consciente d’avoir frôlé un monde clandestinement.

Un jour, le 25 février et un matin, c’est la fin du voyage. La terre se rapproche, les passagers s’agitent dans les coursives ; un choc et le bateau s’immobilise, le long d’un quai : Abidjan… très vite, il fait chaud, on ne sent plus le vent du large et sur le pont, nous devons attendre avant de pouvoir descendre que les autorités soient montées à bord. Ce quai ne ressemble en rien à celui de Bordeaux : la lumière y est vive, le son des voix étranges, les odeurs fortes et enivrantes, les personnes y sont colorés. La tête me tourne un peu.
Soudain, un homme grimpe la passerelle, quatre à quatre, se plante devant nous avec un large sourire. C’est Jean P. un ami de mon père qui doit nous conduire à lui et à la plantation, au cœur du pays Baoulé.
-Elle passe partout- dit-il à Maman, en lui montrant la
2CV camionnette grise, garée sur le quai. C’était en perspective des 350 kilomètres de routes, puis de pistes, que nous aurions à faire le lendemain. Mais demain sera un autre jour...

Texte et image de caroline_8

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21 février 2007

57, avenue de Breteuil -Paris VII-

Mon grand-père paternel, Paul M. est né à Rouen en 1866, d’une famille de commerçants en tissu et mercerie. Il quitte sa famille, assez jeune, et part pour Paris où il fréquente les milieux littéraires.
Aimant la musique, il écrit son admiration pour l’œuvre de Richard Wagner à Cosima Wagner, sa femme; celle-ci lui envoie un billet de train pour assister au festival de Bayreuth, en Bavière et enthousiaste, il y retourne plusieurs années de suite.
Il apprend l’allemand, voyage en Autriche, épouse à Vienne une autrichienne Joséphine K.; ils rentrent à Paris.

En 1890, Paul M. travaille à la Revue du Mercure de France où il partage un bureau avec Paul Léautaud. Un jour, il reçoit dans son courrier les premiers poèmes d’un jeune homme, nommé François Mauriac, qu’il publie; ce sera le début d’une longue amitié.
Il côtoie beaucoup d’Hommes de Lettres de l’époque –écrivains, critiques de théâtre et de musique- Où rencontre-t-il Stefan Zweig? A Vienne? Peut-être! Il devient son traducteur en 1910.

Joséphine meurt pendant la guerre de 1914. A plus de cinquante ans, il rencontre une jeune femme, Marie L.B, correctrice aux Edition Crès; il l’épouse et ont un fils en 1921, François, mon père.
Paul M. quitte le Mercure de France et accepte la proposition des Editions Crès: reprendre une librairie française à Zurich, en Suisse. Merveilleuses années ! Cette librairie devient, en quelque sorte, un foyer culturel où se retrouvent tous les amoureux des Belles Lettres.

la_librairie

Quatorze ans plus tard, Paul et Marie rentrent en France pour les études de leur fils F. et achètent une librairie à Paris- 57, avenue de Breteuil. Rien à voir avec le faste de celle de Zurich, pourtant tous leurs amis aiment se retrouver, autour d’un café dans le bureau, à l’arrière de la librairie.
Je n’ai pas connu mon grand-père, mais j’ai joué, étant enfant, dans cette librairie, tenue par ma grand-mère Mame et j’en ai gardé de délicieux souvenirs

Texte écrit par M.A.M, ma mère et image de caroline_8

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